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DE LA RECHERCHE A LA FORMATION

Nous avons créé ce blog dans l'intention de faire connaître les travaux de recherche en didactique de la géographie. Notre objectif est également de participer au renouveau de cette discipline, du point de vue de ses méthodes, de ses contenus et de ses outils. Plus globalement nous espérons que ce site permettra d'alimenter les débats et les réflexions sur l'enseignement de l'histoire-géographie, de l'école à l'université. (voir notre manifeste)

mardi 4 août 2020

Didactique et enseignement de la géographie. Actualités bibliographiques 2019-2020


Recensement réalisé par Christine Vergnolle Mainar au 24 juillet 2020 concernant les nouveautés parues depuis août 2019 :

Ouvrages
  • Bédouret D. (2020). L’Afrique rurale des manuels scolaires de géographie : sortir de l’exotisme, collection Ruralités Nord-Sud, Presses universitaires du Midi, http://pum.univ-tlse2.fr/~L-Afrique-rurale-des-manuels~.html

  • Collectif Didactique pour enseigner (sous la direction de), Didactique pour enseigner, Presses Universitaires de Rennes, collection Paideia, 2019, 616 p. Lire l'interview de Gérard Sensévy pour le Café pédagogique

  • Genevois S. et Wallian N. (dir.), (2020). Enseigner-apprendre en tous terrains. De la didactique contextuelle à la contextualisation du didactique, Editions des archives contemporaines, France, ISBN : 9782813003492, 307 p., https://eac.ac/books/9782813003492 DOI : https://doi.org/10.17184/eac.9782813003492

  • Partoune C. (2019). Dehors, j’apprends, Belgique : edi.pro, 254 p. Lire le CR de Xavier Leroux sur le site des Clionautes.

  • Thémines, J-F. et Tavignot P. (dir), Professeurs des écoles en formation initiale au fil des réformes. Un modèle de professionnalisation en questions, presses universitaires du septentrion, ISBN978-2-7574-2851-1. Lire l'interview de J-F Thémines dans le Café pédagogique.

Numéros spéciaux de revues
  • Chevalier D. et Leininger-Frézal C. (Coord.), (2020). Géocarrefour, 94-1, numéro spécial « Des lieux pour apprendre et des espaces à vivre : l’école et ses périphéries. Des places et des agencements », https://journals.openedition.org/geocarrefour/12739
Chapitres d’ouvrages et articles (hors numéros spéciaux précités)
  • Chalmeau R., Julien M.-P., Calvet A., Léna J.-Y. et Vergnolle Mainar C. (2019). Le jeu de rôle en EDD pour dépasser une pensée binaire : une étude de cas à l’école primaire, Éducation et didactique, 13-1, p. 83-104 http://journals.openedition.org/educationdidactique/3829 ; DOI : https://doi.org/10.4000/educationdidactique.3829
  • Chalmeau, R., Léna, J.-Y., Julien, M.-P., Calvet, A. et Vergnolle Mainar, C. (2019). Quelles spécificités du débat en éducation au développement durable (EDD) ? Comparaison avec les débats en sciences et les discussions à visée philosophique, Dans I. Verscheure, M. Ducrey-Monnier et L. Pelissier (dir.), Enseignement et formation : éclairages de la didactique comparée, Toulouse : Presses Universitaires du Midi, p. 87-98. 

  • Filâtre E. (2020). La place de l’espace proche dans l’évolution des programmes de géographie de l’école élémentaire française de 1977 à 2015, Cybergeo, http://journals.openedition.org/cybergeo/35167 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cybergeo.35167.
  • Le Guern A.-L. (2019). Se former pour éduquer : la spatialité comme ressource(s). Exercices de pensée critique géographique d’étudiantes et d’étudiant, Education et francophonie, Vol. XLVII : 2 –Éduquer aux sciences humaines et sociales, https://www.acelf.ca/c/revue/pdf/EF-47-2-066_LEGUERN.pdf
  • Meunier C. (2019). Construire une géographie pour les enfants des années 1960-1970. La collection « Les Enfants du monde » de Dominique Darbois, Géocarrefour, 93/, http://journals.openedition.org/geocarrefour/12713  ; DOI : https://doi.org/10.4000/geocarrefour.12713.
  • Nédélec P. et Péaud L. (2019). L’épreuve de hors-programme à l’agrégation de géographie : héritages et renouvellement (2003-2016), Cybergeo : European Journal of Geography, http://journals.openedition.org/cybergeo/31431 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cybergeo.31431.

 
Consulter les bibliographies sélectives du site Didagéo

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lundi 13 juillet 2020

Cédric Naudet : Pour une géographie expérientielle


Peut-on partir de l’expérience des élèves pour faire de la géographie ? C’est l’idée de la géographie expérientielle. Cédric Naudet, professeur au lycée Pagnol d’Athis Mons (91) et Caroline Leininger (Université Paris Diderot) expliquent le concept.

Beaucoup d’enseignants font de la géographie expérientielle sans le savoir, inventant leur méthode en avançant avec les élèves. Et l’expérience des élèves s’invite toujours dans les cours, même magistraux. Cédric Naudet, Carole Leininger et d’autres enseignants réfléchissent ensemble à cette géographie expérientielle. Ils en analysent les étapes. 

mardi 30 juin 2020

Des lieux pour apprendre et des espaces à vivre (Géocarrefour)


La revue Géocarrefour a consacré en 2020 deux numéros aux « lieux pour apprendre » et « aux espaces à vivre ». Ces deux numéros thématiques, coordonnés par Dominique Chevalier et Caroline Leininger-Frézal, constituent une riche exploration et une véritable mise au point sur les questions d'espace et d'enseignement. Le premier numéro aborde les dispositifs spatiaux et agencements. Le second est davantage orienté vers l'Ecole et ses périphéries.

 

94/1 | 2020

Des lieux pour apprendre et des espaces à vivre : l’école et ses périphéries. Des places et des agencements

numéro dirigé par Dominique Chevalier et Caroline Leininger-Frezal

 

94/2 | 2020

Des lieux pour apprendre et des espaces à vivre : l’école et ses périphéries. Les dehors et les ailleurs

vendredi 26 juin 2020

Enseigner les sciences humaines et sociales : entre savoirs et société


A LIRE : un beau Dossier de veille de l'IFE (n°135, juin 2020) élaboré par Claire Ravez : 

Enseigner les sciences humaines et sociales : entre savoirs et société
http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA-Veille/135-juin-2020.pdf 

S’inscrivant dans la continuité de deux récents Dossiers consacrés à l’histoire à l’école (Feyfant, 2016) et à l’éducation à la citoyenneté (Ravez, 2018), ce dossier très nourri de 48 pages questionne le périmètre, les pratiques et les finalités de l'histoire, de la géographie, de la philosophie et des SES : quels savoirs disciplinaires, quels choix didactiques et quelles pratiques pédagogiques ? 

Une large place est consacrée à l'enseignement de la géographie dans la construction de ses curricula, de ses paradigmes, de ses compétences, en lien avec la cartographie, l'éducation au développement durable,...





mercredi 13 mai 2020

Enseigner-apprendre en tous terrains


Genevois, Sylvain, Wallian, Nathalie (dir.) (2020), Enseigner-apprendre en tous terrains. De la didactique contextuelle à la contextualisation du didactique, Editions des archives contemporaines.

Ouvrage accessible en open access




En intervention éducative, la démarche didactique s’intéresse aux conditions de médiation des savoirs en contextes variés et à l’adresse de publics pluriels. Science des contraintes et des conditions d’appropriation pour la diffusion d’objets culturels et de savoirs variés, elle questionne le rapport du sujet aux contextes, aux autres et au savoir. Dans le système enseignement-apprentissage, le didactique se préoccupe de modéliser les étapes de construction du débutant vers l’expert ainsi que de décrire le processus de professionnalisation : le point de vue de la généricité disciplinaire des processus - et donc la nécessité première de décontextualiser - est engagé aux fins de concevoir les cheminements d’un parcours d’apprentissage et de développement réussi, qu’il s’adresse au jeune enfant comme au jeune adulte en formation.

L’objet de cet ouvrage consiste à explorer les modalités de prise en charge de la tension dialogique en questionnant le processus de « contextualisation du didactique » ; en remettant le « savoir effectivement appris » au coeur des préoccupations, par-delà les intentions didactiques, c’est le point de vue internaliste, contrastif et spéculatif qui va fonder les démarches interprétatives : le concept de « contexture » émerge ainsi de façon heuristique, renvoyant à la vibration entre le contexte et les contextes respectivement pris aux sens générique/co-construit. Douze chapitres s’intéresseront à la contextualisation du didactique, déclinée selon différentes disciplines d’enseignement et/ou lieux d’exercice moyennant des échelles de contextualisation variées ; l’enjeu est de questionner le rapport du sujet à l’activité de construction de ses savoirs, et par extension les modalités de professionnalisation de l’intervenant autour du métier d’élève-interprétant.

Plan de l'ouvrage

Avant-propos : Cultiver le goût des autres en didactique

Préface : Un livre de didactique comme une invitation au voyage

Première partie : Du contexte et des processus de contextualisation

Deuxième partie : Médiations des savoirs en contextes variés

Troisième partie : Vers une didactique ouverte à l’altérité

Lire et télécharger les chapitres sur EAC


dimanche 19 avril 2020

Questionnaire "confinement et continuité pédagogique"


Dans cette période de crise inédite, les lignes bougent et il n'est plus possible de rester confiné dans des certitudes : la pandémie engage un changement de regard sur les questions de santé publique, de politique, d’économie, mais aussi et surtout d’éducation. Les recherches en éducation, en cours ou à venir, doivent nourrir un horizon d'attentes qui, tout en documentant les évolutions perceptibles et les ruptures en cours, permettent de projeter de nouvelles manières de penser la crise présente au regard des problématiques d'équité et d'émancipation, essentielles en éducation.

Deux questionnaires ont été élaborés par Nathalie Wallian et Sylvain Genevois, enseignants-chercheurs en sciences de l’éducation à l’Université de la Réunion.

Ils s’inscrivent dans le cadre de travaux de recherche au sein du laboratoire ICARE (thème 2 : « Enseignement-apprentissage, savoirs et médiations en contextes »). L'objet de ces deux questionnaires consiste à laisser les étudiants et les enseignants décrire leur vécu en période de confinement et à expliciter les manières dont ils ont adapté - ou non - leur enseignement à distance pour assurer une continuité pédagogique avec leurs élèves ou dans le cadre de leur formation.

Ces questionnaires sont strictement anonymes et les réponses libres. Les données seront exploitées uniquement à des fins de recherche en éducation et pourront être croisées avec d’autres recherches conduites par d’autres équipes et d’autres laboratoires de recherche en éducation. 

Questionnaire enseignant (1er et 2nd degré)

Questionnaire étudiant (master MEEF)




lundi 23 mars 2020

Faire de la géographie en période de confinement


Depuis le 16 mars 2020, le mot d'ordre est de "rester à la maison". Nos vies ne tournent plus qu'au ralenti dans un espace de plus en plus réduit et contraint. A l'image de beaucoup d'autres pays, la France entière est confinée en raison du coronavirus (voir cet article sur la diffusion de la pandémie). 

Le terme même de confinement évoque l'idée d'isolement pour des prisonniers ou des malades. Au delà de l'enfermement subi, on peut y voir l'action de se retirer volontairement du monde pour se protéger mutuellement de l'épidémie, de faire un pas de côté pour réfléchir à soi, aux autres et au monde dans lequel on vit, à celui qu'on voudrait faire advenir. Toutes choses bien utiles dans une période inédite où l'épidémie nous isole et en même temps nous relie tous solidairement à l'échelle mondiale (voir la vidéo Confinements solidaires).

Voici un "kit de survie" géographique en période de confinement (qui pourra servir aussi après l'épidémie !). Une manière de mettre à profit ce temps à part qui nous est donné, de ne pas vivre dans le repli et de garder une fenêtre ouverte sur le monde...

Lire la suite sur le blog Cartographie(s) numérique(s)



mercredi 11 mars 2020

Délivrez-nous de l’exotisme ou L’Afrique rurale des manuels scolaires de géographie


Compte-rendu de lecture : David Bédouret, 2019, L’Afrique rurale des manuels scolaires de géographie : sortir de l’exotisme. Toulouse : Presses Universitaires du Midi, Collection Ruralités Nord-Sud

David Bédouret a tiré de sa thèse soutenue en 2012 à l’Université de Toulouse 2 Mirail (Bédouret, 2012) cet ouvrage de 166 pages qui en reprend les grandes lignes, tout en prenant en compte les programmes de collège et de lycée publiés depuis. A la confluence de la géographie rurale, de la géographie de l’Afrique et d’une certaine géographie culturelle, cet ouvrage se propose d’interroger la fabrique des stéréotypes transmis dans la géographie scolaire française sur l’Afrique rurale.

Lire la suite du CR sur le Carnet de recherche de Jean-François Thémines.





dimanche 8 mars 2020

Femmes géographes (Journée internationale des droits des femmes)


Pour célébrer la journée internationale des droits des femmes (8 mars), Bénédicte Tratnjek propose quelques ressources pour découvrir la place des femmes dans la discipline géographique, non en tant qu'objet géographique, mais en tant que géographes.

La géographie est une discipline qui se féminise, avec des jeunes géographes qui participent au renouvellement des champs de la discipline, mais le cheminement des femmes dans la discipline a été long et marqué par une forte discordance entre la place des femmes dans les études de géographie et la place des femmes dans l'enseignement universitaire de la géographie.

Pour en savoir plus :
Femmes géographes (sur le blog Enseigner la géographie)



Pour compléter :
La condition des femmes dans le monde, sur le blog Cartographie(s) numérique(s)



mardi 3 mars 2020

Séminaire du projet ApprES « Espaces d’apprentissages » (12 mars 2020)


Laboratoire ÉMA (École – Mutations – Apprentissages)

Le prochain séminaire aura lieu le jeudi 12 mars de 14h à 16h en salle B 018 à l’INSPÉ sur le site de Gennevilliers.

https://www.u-cergy.fr/fr/universite/venir-a-l-universite/site-de-gennevilliers.html

Muriel MONNARD

Faire place dans la cour et les couloirs scolaires : des corps en mouvement aux corps appropriés

Cette présentation est issue des résultats d’une thèse sur les spatialités des jeunes adolescents dans le contexte scolaire du secondaire obligatoire à Genève (12-15 ans). La recherche interroge le phénomène de « lutte des places » (Lussault 2009) dans le temps de la pause, avec un regard spécifique sur les rapports de genre, en tant que rapport de pouvoir structurant au sein de la société des jeunes pairs. Partant d’une méthode ethnographique qui croise un an d’observation et des entretiens de groupe, l’approche interactionniste contribue à dresser une micro-géographie de l’espace scolaire avec une focale sur la cour d’école et les espaces de transition (hall, escaliers, couloirs, cour).

Je présenterai un des résultats de cette étude à partir de l’analyse de « scènes de vie », narrées et cartographiées lors des interclasses : au sein d’espaces prévus pour contenir et circuler, la mobilité des corps est productrice d’espace, lorsque ceux-ci ne deviennent pas des espaces d’appropriation. Maitriser l’« art de l’espacement » (Besse, 2013) est un moyen pour les jeunes de construire un « nous », face à « eux » ou « elles », tout en définissant les règles de cohabitation et les valeurs de la société des jeunes pairs.

Enquête sur l'EDD


Une enquête est actuellement en cours sur les pratiques d'éducation au développement durable dans l'enseignement secondaire. Cette enquête émane d'une enseignante Sonia LALOYAUX, chargée de mission EDD (ACADEMIE DE LILLE) et s'inscrit dans le cadre du Certificat d'Aptitude aux Fonctions de Formateur Académique (CAFFA). Ce questionnaire s'adresse à tous les enseignants, de toutes les disciplines, de collège, LGT et LP. Les données recueillies seront traitées anonymement.

Votre participation serait précieuse avant le 10 mars 2020.

Un très grand merci par avance pour votre contribution à ce travail de recherche.

Répondre à l'enquête

mercredi 26 février 2020

CR du livre "Dehors, j’apprends" de Christine Partoune

"Dehors, j’apprends" - Christine Partoune

Edi Pro, 2019, 254 p, 26 euros




Didactitienne de la géographie reconnue pour ses différents travaux sur les paysages, Christine Partoune s’attache, dans cet ouvrage, à montrer les multiples enjeux et bénéfices d’un apprentissage de l’espace « hors les murs ».

Les propositions contenues dans le livre se justifient pour l’auteure par la mauvaise alchimie entre un carcan scolaire certain (on travaille dans une salle de classe et les disciplines sont traditionnellement cloisonnées) et des évolutions sociétales amenant à la sédentarité (on joue moins dehors que dedans car le tout numérique n’invite plus à le faire et en même temps, l’espace, urbanisé, est devenu dangereux, avec ses chauffards et ses pédophiles). La conséquence se manifeste, chez l’enseignant, par un paradoxe : on aimerait sortir car on ne doute pas des bienfaits de la mobilité sur les plans cognitif, psychomoteur et relationnel mais on a peur de le faire (regard inquisiteur des parents, météo défavorable, crainte de ne pas gérer le groupe classe).

Les milieux sont pourtant riches et variés (par élargissement spatial, on trouve : l’environnement immédiat, le milieu local et les milieux extraordinaires) avec, pour chacun, avantages et inconvénients, mais surtout de nombreuses pistes d’exploitation. On trouve, pages 108 et 109, une copieuse liste de « portes d’entrée pour mener des investigations de terrain » : situation-problème, action, observation d’un phénomène naturel, mission d’expertise, déambulation libre, immersion, expression des représentations…avec l’idée forte, pages 56-57, que les allers-retours sur le même terrain sont tout aussi riches : pour voir les changements de paysage, pour vérifier une hypothèse ou reprendre une observation incomplète, pour observer l’évolution d’un phénomène à différents stades…

L’ancrage de ces démarches trouve place dans des contenus relatifs à l’environnement, à « l’éducation relative à/par/pour l’environnement » pour reprendre les pincettes sémantiques évoquées dans l’ouvrage et qui se justifient par le fait que beaucoup a déjà été fait dans le cadre de l’éducation non formelle et qu’il serait bon d’inverser la tendance : attaquer les programmes et la formation des enseignants, aller vers le « prescrit » et non le « préconisé ».

Le livre s’arrête également sur les profils des étudiants, futurs professeurs : ils sont ici décrits comme des urbains, rurbains, hyperconnectés à l’intérêt fluctuant, aux carences scientifiques avérées et à la fatigabilité grande en sortie…l’une des causes est-elle à rechercher tout simplement dans un passé d’élève étant peu/pas sorti ? Divers dispositifs pédagogiques sont présentés pour justement répondre à ces manques dont certains sont très détaillés comme l’apprentissage par le « service communautaire » ou encore « l’écostage ».

Ce qui ressort de commun à l’examen de ces dispositifs tient à quelques grands principes qui interrogent la didactique : les curriculum actuels apparaissent trop fractionnés et ne permettent pas de construire les choses sur un temps suffisamment long, il vaut mieux investir dans un minimum de concepts pour les maitriser que de vouloir en faire trop, la rencontre des enseignants-formateurs de culture « sciences de l’éducation » et de culture dite « d’éveil » pour reprendre le terme belge est également souhaitable.

Au final, il s’agit là d’un ouvrage déjà très agréablement présenté dans sa maquette colorée et aérée mais surtout riche d’un état de l’art international et de méthodes variées (observations participantes, enquêtes diverses, recueil de témoignages d’étudiants…).

On pourra trouver que l’ancrage sur la dimension nature-géosciences le fait passer à côté de certains pans de la géographie (tout ce qui touche à la structure de la ville intramuros, aux mobilités, aux aménagements urbains…) mais c’est ici le choix de l’auteure. On pourra regretter aussi la (trop ?) grande exigence de l’auteure sur les conceptions et le raisonnement scientifiques des étudiants futurs enseignants à qui on ne peut pas trop en vouloir au vu d’une certaine baisse du niveau général de connaissances…d’autant que l’ouvrage n’apporte pas les correctifs à ces conceptions erronées.


 Enfin, signalons trois coquilles si l’ouvrage est amené à être réimprimé : p 156, la baie de « Wissant » et non « Wuissant » dans le Pas de Calais ; p 201, le tableau comporte deux fois le terme « œuvre » dans l’expression « mise en œuvre » ; p 174, François Audigier est le didacticien de Genève et non l’historien de Metz.

samedi 15 février 2020

L'aventure de la géographie - n°559 des Cahiers Pédagogiques

Dossier coordonné par CHRISTOPHE DUHAUT ET ALEXANDRA RAYZAL
Février 2020
Comment faire aimer et étudier une géographie vivante, qui ait du sens, qui permette de comprendre le monde et d’y agir en citoyens actifs ? Comment, de la maternelle à l’université, faire entrer nos élèves dans les deux dimensions fonctionnelle et symbolique de l’espace à travers des démarches prospective et imaginaire ?
https://librairie.cahiers-pedagogiques.com/fr/revue/789-l-aventure-de-la-geographie.html


Ouverture

J’aimerais tant voir Syracuse Olivier Lazzarotti

Réenchanter la géographie par l’imaginaire et les cinq sens

Regarder autrement le territoire David Bédouret
Alerte jaune Nathalie Heuschling, Florence Hubin
Penser avec ses pieds Clélie Charlet
L’acteur, c’est le paysage Eudes Girard
Au bout du monde Youri Tinard
Vu d’ici, cela ne va pas être simple Christine Cauhapé
La musique des espaces Pascale Goday, Virginie Vigreux
La ligne bleue Christine Demetz-Van Torhoudt, Éric Jeanjean
Au premier éléphant, c’est l’Afrique ! Yannick Mével
La question de l’épaisseur Benoit Bunnik
@MikeRostand existe-t-il ? Sébastien Lambert

Expérimenter l’espace pour mieux l’habiter

L’ailleurs en partage Christophe Meunier
Contre vents et marées Catherine Didier-Fèvre
Peut-on vivre sans carte ? Jean-Pierre Fournier
Diriger un territoire, ce n’est pas du tout facile Denis Sestier
Recherche maison ou appartement Sophie Gaujal, Caroline Leininger
L’espace dans tous les sens Christophe Duhaut
La remontada Anne Filipiak

Envisager d’autres mondes, vers une géographie citoyenne

Construire l’avenir Laurence Fouache, Sonia Laloyaux
La parenthèse imaginaire Sylvie Considère
Regards vers le futur David Bédouret, Raphaël Chalmeau, Marie-Pierre Julien, Jean-Yves Léna, Christine Vergnolle Mainar, Anne Calvet
Et si on creusait un canal ? Florian Pons
Occupation de friches et troc de ressources Collectif
Manger des insectes ? Claire Dreyfus, Marie-Camille Fourcade
Comment bien rater sa séquence en géographie Alexandra Rayzal
Technocréativité Christine Faller

À lire sur le site :



mercredi 29 janvier 2020

« La formation initiale des professeurs d’histoire-géographie : Un objet frontière entre recherche et pratique ? »

Journée d’étude

« La formation initiale des professeurs d’histoire-géographie : Un objet frontière entre recherche et pratique ? »


Mercredi 25 mars 2020, Université Paris-Nanterre, SUFOM

Matinée
8h45 - Accueil des participants

MATIN 9h30-12h30 - REGARDS DE CHERCHEURS


Ouverture de la journée par Florent Le Bot, directeur adjoint de l’INSPE de l’académie de Versailles – IDHES Evry : « La recherche et le terrain. Les terrains de la recherche ? »


1. Le regard de didacticiennes sur l’histoire et la géographie.


« Former à la recherche en didactique : levier de formation professionnelle », Caroline LEININGERFREZAL (LDAR, université Paris-Diderot)

« Les recherches en didactique : des ressources pour la formation des enseignants », Catherine SOUPLET (CIREL, université de Lille)

« Regard sur didactique et formation des enseignants au Royaume-Uni », Claire BROOKS (UCL Institute of Education, Londres)


2. Réflexions sur la place de la didactique dans les maquettes de formation MEEF 


Table ronde modérée par Patrick GARCIA (AGORA – Cergy Paris Université, INSPE de l’académie de Versailles)

Olivier CHAÏBI (IDHES Evry -INSPE de l’académie de Créteil) Sylvie CORGIEZ-PETREQUIN (université de Tours, INSPE de l’académie Centre Val de Loire) Bénédicte GIRAULT (AGORA Cergy Paris Université – INSPE de l’académie de Versailles) Bertrand JOLIVET (INSPE de l’académie de Paris) Daniel OURMAN (INSPE de l’académie de Créteil)

12h30-14h00 - Buffet sur place

Après-midi 14h00-17h00 - GESTES DE FORMATEURS


Atelier 1. Former à la géographie des professeurs stagiaires 

Florence GIRY (INSPE de l’académie Centre Val de Loire, université de Tours) et Fanny BLET (INSPE de l’académie de Versailles, université d’Evry Val d’Essonne)


Atelier 2. Former à l’enseignement de l’histoire et de la géographie les futurs professeurs des écoles 

Soizic PATRY (INSPE de l’académie de Versailles, université Paris-Saclay) et Christophe MEUNIER (INSPE de l’académie Centre Val de Loire, université de Tours)


Atelier 3. La vidéo comme technique de formation, la vidéo comme matériau de recherche 

François GALLICE (INSPE de l’Académie de Versailles, Cergy Paris Université), Hélène THEVENET (INSPE de l’académie de Versailles -université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines), Arnaud BEILLARD (INSPE de l’académie de Versailles -université d’Evry Val d’Essonne), Yoram AZERAD (INSPE de l’académie de Versailles, université Paris Nanterre)


Atelier 4. Utiliser les cadres théoriques en formation initiale (D. Bucheton et R. Goigoux)


Peggy FOULON (INSPE de l’académie de Versailles - université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines) et Nathalie MUTERO (INSPE de l’académie de Versailles, université Paris Nanterre)
17h00-17h30 - Plénière Restitutions des réflexions des ateliers

17h30-18h00 - Table ronde conclusive. Synthèse de la journée entre recherche et formation modérée par François GALLICE (INSPE de l’Académie de Versailles, Cergy Paris Université) :
Patrick GARCIA, (AGORA, Cergy Paris Université, INSPE de l’académie de Versailles) Guilhem LABINAL (EMA, Cergy Paris Université, INSPE de l’académie de Versailles) Soizic PATRY (INSPE de l’académie de Versailles, université Paris Saclay) Hélène THEVENET (INSPE de l’académie de Versailles - université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines)

Organisateurs : Fanny.Blet@ac-versailles.fr et Francois.Gallice@ac-versailles.fr

Appui à l’organisation : Jean-Charles Geslot INSPE de l’académie de Versailles, IECI-université Versailles SaintQuentin en Yvelines ; Florent Le Bot INSPE de l’académie de Versailles-IDHES Evry ; Sonia Lehman-Frisch INSPE de l’académie de Versailles, SUFOM université Paris-Nanterre.

Lieu : Université Paris Nanterre, Bâtiment du SUFOM, salles : salle de conférence le matin ; salles 302, 303, 304 de 14h à 17h ; salle de conférence en fin de journée.

Pour vous inscrire, rendez-vous sur le lien suivant : http://acver.fr/25mars


samedi 25 janvier 2020

La session "Echec et enseignement" du séminaire "Géographes en déroute"

Organisé par l'école doctorale de Paris, le séminaire "Géographes en déroute" se propose de mener quelques réflexions sur l'échec dans les recherches en géographie.

A cette occasion, une session sera consacré au volet "enseignement" le 28 février 2020 dans les locaux de l'ENS à Paris.

Le programme est disponible ici et le formulaire d'inscription ici.

mardi 21 janvier 2020

Territorialisation de l’éducation. Tendance ou nécessité

 
Territorialisation de l’éducation. Tendance ou nécessité. Sous la direction de Pierre Champollion (ECP et ESO-Caen). Isté Education.
 
 
Territorialisation de l’éducation revisite de façon inédite et novatrice les nombreuses interactions qui se sont progressivement développées au fil de l’histoire récente, comme plus ancienne, entre territoires-territorialités d’une part et écoles-éducations d’autre part.

S’appuyant essentiellement sur des recherches empiriques originales, l’ouvrage contribue par l’approfondissement, la caractérisation et la spécification des différentes interactions abordées à travers divers types de contexte, à améliorer la compréhension des concepts multifactoriels de territoire et de territorialité qui ne sont pas sans influer sur l’éducation et la formation.

La territorialité constitue un important facteur d’inégalités éducatives qui est encore trop souvent méconnu des sciences de l’éducation et de la formation, particulièrement en matière de projets, de souhaits et de choix d’orientation scolaire et professionnelle.

Plan de l'ouvrage :
 
1. Inscrire géographiquement, historiquement  et symboliquement l’éducation dans le territorial ?
2. Territorialisation des formations des enseignants, des enseignements et des apprentissages ?
3. Différencier les publics en fonction des évolutions des dimensions territoriales ?
4. Déterritorialisation des représentations sociales du territorial et du scolaire liées aux usages du numérique ?

Voir sur le site de l'éditeur (table des matières + intro)
https://www.istegroup.com/fr/produit/territorialisation-de-leducation/


lundi 20 janvier 2020

Des échelles en géographie et de leur usage scolaire


Bénédicte  Tratnjek, sur son blog Enseigner la géographie, propose un article simple et accessible sur les échelles en géographie. Assortie d'une belle infographie, cette mise au point reprend quelques définitions qui permettent d'y voir plus clair sur une notion courante en géographie (et dans d'autres sciences sociales), mais souvent assez mal maîtrisée.

Nous proposons d'assortir cette mise au point de quelques pistes de réflexion qui peuvent être utiles d'un point de vue épistémologique et didactique.




mardi 14 janvier 2020

La traversée des espaces adolescents (soutenance de thèse)

La traversée des espaces adolescents
De l'habiter et de l'expérience du monde. Un projet pour l'enseignement de la géographie.
 

Par Sylvie JOUBLOT FERRÉ

Le mardi 04 février 2020 à 14h00
École Normale Supérieure de Lyon, Amphithéâtre Descartes
15 parvis René Descartes. Lyon 7e

Devant le jury composé de :

Bernier, Xavier, Professeur, HDR, Université Paris-Sorbonne, Paris 1, Rapporteur
Sgard, Anne, Professeure, HDR, Université de Genève, Rapporteure
Chevalier, Dominique, Maîtresse de conférences, HDR, Université Lyon II, Examinatrice
Regnauld, Hervé, Professeur, HDR, Université Rennes II, Examinateur
Vergnolle Mainar, Christine, Professeure, HDR, Université Toulouse II, Examinatrice
Lussault, Michel, Professeur, HDR, École Normale Supérieure de Lyon, Directeur de thèse
Hertig, Philippe, Professeur ordinaire, HEP Lausanne, Co-directeur de thèse

La soutenance sera suivie d'un pot auquel vous êtes cordialement invités. Merci de m'informer votre présence à cette adresse mail : sylvie.joublot-ferre@ens-lyon.fr

Résumé

Organisée en cinq mouvements, cette thèse en géographie culturelle, interroge l’habiter des adolescents à travers leurs pratiques spatiales, depuis les espaces domestiques jusqu’aux établissements scolaires, espaces publics, voire lieux des voyages, réels ou rêvés. L’étude est envisagée comme un moyen d’explorer la construction du rapport au monde des individus. Les adolescents sont abordés comme acteurs sociaux et spatiaux à part entière. L’enquête est conduite sur un terrain bi-national, franco-suisse, auprès d’adolescents âgés de 14 à 18 ans, scolarisés dans des établissements scolaires secondaires. La méthodologie de la recherche est inédite, en collectant des données selon plusieurs modalités. Interfaces individualisées et géolocalisation sont mobilisées au bénéfice de cartographies interactives. Des itinéraires commentés par les adolescents complètent des entretiens semi-directifs.

Au-delà des pratiques spatiales récurrentes à l’intérieur du groupe, d’évidence la singularité des géographies adolescentes s’énonce et confirme la pertinence du thème des individualités en géographie et l’intérêt des cartographies personnelles et des parcours individuels accompagnés. L’exercice d’une micro-géographie, au « ras du sol », a permis d’observer « à la loupe » les expériences, de voir les détails habituellement peu visibles, et de reconstituer non seulement la concrétude du vécu spatial, mais de dévoiler les ressorts et les réseaux des relations à l’espace dans toute leur complexité. Des concepts se sont imposés comme opératoires pour rendre compte des caractères de cette relation : la nostalgie, la renommée, le voisinage et la familiarité. La recherche met également en lumière les médiations de l’expérience spatiale individuelle, et les processus d’entrée en familiarité voire d’attachement aux lieux. Un référentiel de la capabilité spatiale est proposé, il repose sur trois catégories : les facultés sensorielles, les habiletés spatiales et les compétences socio-spatiales. Des pistes pour de nouveaux apprentissages à l’École appuyés sur l’expérience spatiale des élèves sont explorées.

L’enquête révèle la discontinuité de la présence et de l’attention au monde, mais également l’inégalité entre adolescents au plan des expériences et des compétences spatiales.  Ces constats préoccupants devraient conduire à engager une réflexion pour une nouvelle éducation géographique dans le contexte actuel des défis sociétaux et environnementaux en particulier du point de vue du vivre ensemble et du changement global. Les résultats de la recherche intéressent donc directement l’enseignement de la géographie. Il y a une urgence désormais de la géographie à l’École au bénéfice d’une réflexivité à l’égard des pratiques spatiales, d’une co-construction prospective de l’espace partagé, d’une éducation à l’attention et enfin, d’une conscience du monde commun.



mardi 7 janvier 2020

L’Afrique rurale des manuels scolaires de géographie : sortir de l’exotisme


David BÉDOURET (2020). L’Afrique rurale des manuels scolaires de géographie : sortir de l’exotisme, collection Ruralités Nord-Sud, Presses universitaires du Midi.




Depuis les années 1950, les manuels scolaires de géographie dépeignent les espaces ruraux d’Afrique sans se dégager des représentations exotico-coloniales. Cet imaginaire inscrit dans une mythologie coloniale s’articule autour de quatre objets géographiques : la nature, le village, la société et les espaces agricoles. La résistance d’un regard exotique semble liée au système « manuel », générateur de blocages et d’immobilisme, mais aussi à la structure des discours dans laquelle les images et les mots s’allient pour « exotiser » ces espaces.
Des enquêtes menées auprès d’élèves du primaire et du secondaire, en France et en lycée français d’Afrique, complétées par des entretiens d’enseignants confirment que les manuels participent activement au processus de construction des savoirs sur l’Afrique en classe. De fait, les représentations exotico-coloniales se diffusent. Ainsi, la géographie scolaire produit une culture structurée autour d’espaces métonymiques. Cette pratique attribue à chaque espace une fonction pédagogique et didactique, ce qui revient à mettre en place une idée pour un lieu. Si cette technique a des valeurs pédagogiques indéniables, elle va à l’encontre d’une éducation à l’altérité prônée par les instructions officielles, car elle favorise le maintien de l’exotisme dans les discours. Pourtant, le travail de terrain montre que cette fabrication d’imaginaire exotique est conscientisée par les acteurs et que les déformations sont constitutives de l’acte d’enseigner. Par conséquent, l’exotisation est donc un processus paradoxal car il est à la fois un héritage colonial et le témoin d’une mauvaise orchestration de la classe, mais il est aussi un outil didactique et pédagogique opérationnel pour une éducation à l’altérité.

David Bédouret est maître de conférences en géographie à l’INSPE Toulouse Occitanie-Pyrénées, membre du laboratoire Géode UMR CNRS 5602. Ses recherches portent sur la didactique de la géographie, la construction des savoirs, l’imaginaire et les « éducations à » (EDD, altérité, risques).

Pour commander l'ouvrage : consulter le site des Presses universitaires du Midi