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DE LA RECHERCHE A LA FORMATION

Nous avons créé ce blog dans l'intention de faire connaître les travaux de recherche en didactique de la géographie. Notre objectif est également de participer au renouveau de cette discipline, du point de vue de ses méthodes, de ses contenus et de ses outils. Plus globalement nous espérons que ce site permettra d'alimenter les débats et les réflexions sur l'enseignement de l'histoire-géographie, de l'école à l'université. (voir notre manifeste)

lundi 18 novembre 2019

Penser les frontières des savoirs dans et sur le monde social


Quels apprentissages des élèves face aux enjeux contemporains ?

Une bonne partie des diaporamas des intervenants qui ont participé au Colloque international des didactiques de l'histoire, de la géographie et de la citoyenneté (26-28 juin 2019) sont disponibles en ligne sur le site de l'Université de Genève : https://www.unige.ch/didactiquesHGC2019/presentations-des-auteurs/

Atelier 1 : Apprentissages en dehors du contexte scolaire (1) - Modération : David Lefrançois


La visite extra-muros : pluralité des lieux et mode d'accès aux savoirs en géographie, Matthias Kowasch (HEP de Styrie) et Sylvie Joublot Ferré (HEP Vaud)

Atelier 2 : Le choix des savoirsModération : Marc-André Ethier
Quels savoirs pour quelles conceptions de la discipline ? L'histoire scolaire en Suisse romande : finalités théoriques et points de vue des élèves, Aurélie de Mestral (Université de Genève)

Enseigner les questions liées aux changements climatiques : défis et enjeux d'une nécessaire (dé)construction et reconstruction de savoirs pour agir sur le monde, Philippe Hertig (HEP Vaud)

Comment les futurs enseignants interprètent-ils les problèmes et les conflits contemporains ? 

Une enquête en formation initiale pour l'éducation à une citoyenneté globale critique, Neus González-Monfort & Antoni Santisteban (Université Autonome de Barcelone)

Atelier 3 : Représentations et pratiques - Modération : Charles Heimberg


Enseignante et chercheure en didactique, deux mondes en tension productive pour la connaissance des processus d'apprentissage ? Soizic Morvan (Université de Nantes)



Atelier 4 : Savoirs de sens commun et savoirs disciplinaires - Modération : Nadine Fink

Transcender les frontières entre les registres de savoirs : la géographie expérientielle, Pierre Colin, Sophie Gaujal, Florence Giry, Catherine Heitz & Caroline Leininger-Frézal (IREM de Paris)

L'apprentissage de l'histoire, entre différents registres de pensée, Christian Mathis (HEP Zurich) et Sabrina Moisan (Université de Sherbrooke)

Les historien.nes, les didacticien.nes, les enseignant.es, les élèves et la pensée historienne : frontières et processus d'"élémentation", Arnold Sosthène Meboma Ntouala (Université de Genève)

Atelier 5 : Quand les élèves enquêtent (1er étage) - Modération : Anne Sgard

Enquêter sur des sources et réfléchir sur l'enquête : un dispositif de problématisation en histoire au gymnase, Sylvain Doussot (Université de Nantes) et Etienne Honoré (HEP Vaud)

Apprendre à enquêter en géographie à l'école primaire. Etude de cas portant sur les déplacements pendulaires, Alain Pache (HEP Vaud)

Symposium 1 : Penser l'enseignement de l'histoire, de la géographie et de la citoyenneté au prisme des frontières du genre, Karine Duplan (Université de Genève), discutante

Former à une pédagogie de l'égalité, Isabelle Collet (Université de Genève)



Prendre place dans la cour et les couloirs : l’apprentissage de compétences spatiales genrées, Muriel Monnard (DIP Genève)

Quels enjeux et quelles pratiques pour une éducation à la sexualité non-genrée ? Gaël Pasquier (Université Paris Est Créteil)

Symposium 2 : L'enseignement de la géographie : entre découpages des savoirs et construction d’un curriculum de l’élémentaire à l’entrée à l'université. A partir du cas français, Philippe Hertig (HEP Vaud), discutant

Des finalités faiblement conçues pour une discipline géographique qui peine à penser en termes de curriculum, Sylvain Genevois (Université de La Réunion) et Jean-François Thémines (Université de Caen Normandie)

Ruptures et continuités dans les programmes de géographie du 1er degré, Xavier Leroux (Université d’Artois) et Philippe Charpentier (Université de La Réunion)

Du développement durable aux changements globaux et à la transition écologique : appréhender les changements environnements par le prisme sociétal, Caroline Leininger-Frézal (Université Paris Diderot), Florence Giry (ESPE d’Orléans), Eliane Perrin (Université Paris Diderot) et Christine Vergnolle-Mainar (Université Jean Jaurès)


Symposium 3 : Usages de la fiction, des humanités numériques et des nouveaux patrimoines en enseignement de l'histoire, David Lefrançois (Université du Québec) et Marc-André Éthier (Université de Montréal), discutants


La télévision en classe d’histoire, Alexandre Lanoix (Université de Montréal) et Olivier Côté (Musée canadien de l’histoire, Québec)

« Rome » : un usage mutuel de la série télévisuelle et des sources historiques pour enseigner un événement historique, Thierry Desjardins (Université de Montréal)

Usage du roman historique à travers deux modes d’accès aux savoirs : lecture littéraire et pensée historienne, Audrey Bélanger et Sabrina Moisan (Université de Sherbrooke)

Parcours de lecteurs dialectiques au secondaire en classe d’histoire, Jean-François Boutin et Virginie Martel (Université du Québec)

Le casse-tête : jouer à chercher avec des élèves non-lecteurs, Julia Poyet et Julie Noël (Université du Québec)


Table ronde : Agir sur le monde
Avec Jean-Charles Buttier (Université de Genève), Pascal Clerc (Université de Cergy Pontoise), Sabrina Moisan (Université de Sherbrooke)
                            Discutant : Charles Heimberg (Université de Genève)

Symposium 4 : Le témoignage oral entre mémoire et passé : ressource ou obstacle à l’apprentissage scolaire de l’histoire, Sabrina Moisan (Université de Sherbrooke), discutante


Le témoignage en classe ou auprès de la classe : avec quels apprentissages de la critique de sources ? Charles Heimberg (Université de Genève)


Atelier 6 : Quelles ressources pour construire le savoir ? - Salle MR 150 - Modération : Alexia Panagiotounakos


La branche chocolatée: quels sont les apports d'une matrice interdisciplinaire pour traiter de cet objet d'étude à l'école, Philippe Hertig (HEP Vaud), Philippe Jenni (Université de Genève), Alain Pache (HEP Vaud), Patrick Roy (HEP Fribourg)


Atelier 7 : Apprentissages en dehors du contexte scolaire (2) - Modération : Caroline Leininger


Apprentissages en montagne. Enjeux autour d'une éducation populaire récréative de plein air, Léa Sallenave (Université de Genève)

Atelier 8 : Construire un rapport critique aux savoirs - Modération : Bénédicte Girault


Le programme québécois d'éducation financière : une citoyenneté et un rapport à la justice sans agentivité ? David Lefrançois (Université du Québec), Cambron-Prémont Amélie (Université du Québec) et Marc-André Éthier (Université de Montréal)

Table ronde : D’où viennent les savoirs ?
Avec Dominique Chevalier (Université Lyon I), David Lefrançois (Université de Québec), Sylvain Genevois (Université de La Réunion). Discutante : Anne Sgard (Université de Genève)


L'enseignement en situation coloniale et postcoloniale. Perspectives croisées.


Appel à contribution pour un numéro spécial de la revue Tsingy :
Revue de Sciences humaines, Sud-Ouest de l’océan Indien (numéro 24).
http://revuetsingy.canalblog.com/

Responsable scientifique du numéro thématique
Pierre-Éric FAGEOL, Université de La Réunion, ICARE (EA 7389)

Comité d’expertise
Pascale BARTHELEMY, ENS Lyon, LARHRA (UMR5190)
Frédéric GARAN, Université de La Réunion, OIES (EA 12)
Claude PRUDHOMME, Université Lumière - Lyon 2, LARHRA (UMR5190)
Célestin RAZAFIMBELO, ENS Antananarivo, CIRD
Rebecca ROGERS, Université Paris-Descartes, CERLIS (UMR 8070)
Nathalie WALLIAN, Université de La Réunion, ICARE (EA 7389)

Argumentaire

L’histoire de l’enseignement en situation coloniale fait l’objet de profonds renouvellements (Barthélémy Pascale, 2010). La place désormais accordée aux acteurs (Labrune-Badiane Céline & Smith Étienne, 2018) et aux pratiques d’enseignement ouvre de nouvelles perspectives de recherche sur l’efficience d’une école coloniale qui dépasse le seul cadre de la mission civilisatrice et de la politique d’assimilation (Léon Antoine, 1991). Du curriculum prescrit au curriculum réel, des discours scolaires aux pratiques de classe, des cadres officiels de référence à l’émergence de nouvelles référentialités coloniales, les perspectives de recherche sont désormais à la croisée de divers champs convoquant tout à la fois une histoire sociale de groupes professionnels issus du milieu éducatif (Duteil Simon, 2009) et une histoire des fondements didactiques et pédagogiques de l’enseignement colonial. La circulation de modèles pédagogiques depuis les métropoles et entre les colonies interroge également les mobilités impériales et le rôle des acteurs sur les stratégies éducatives coloniales dans une perspective transnationale et trans-impériale (Rogers Rebecca, 2019 ; Matasci Damiano, 2015).

Les propositions pourront s’insérer dans une ou plusieurs des thématiques suivantes :
- Adaptation de l’enseignement au milieu colonial,
- Pratiques de classes et supports d’enseignement,
- Évaluation des élèves, des enseignants et des dispositifs,
- Témoignages et récits des acteurs,
- Formation des maîtres et des enseignants,
- Le rôle des missions et des acteurs religieux,
- Héritages postcoloniaux.

Tout en prenant en compte les particularités de l’océan Indien, les propositions émanant d’autres aires coloniales permettront d’établir d’utiles comparaisons.

Modalités et calendrier
Les propositions d’articles sont à envoyer à Pierre-Éric FAGEOL (pierre-eric.fageol@univ-reunion.fr) et Frédéric GARAN (frederic.garan@univ-reunion.fr) pour le 10 janvier.
Si votre proposition est retenue, les articles seront à envoyer pour mi-juillet en vue d’une publication lors du second semestre 2020.

Références bibliographiques

  • Barthélémy Pascale, « L’enseignement dans l’Empire colonial français : une vieille histoire ? », Histoire de l’éducation, n°128, 2010.
  • Duteil Simon, Enseignants coloniaux. Madagascar, 1896-1960, Thèse de l’université du Havre, 2009.
  • Labrune-Badiane Céline & Smith Étienne, Les Hussards noirs de la colonie - instituteurs africains et « petites patries » en AOF (1913-1960), Paris, Karthala, 2018.
  • Léon Antoine, Colonisation, enseignement et éducation, Paris, L’Harmattan, 1991.
  • Matasci Damiano, L’école républicaine et l’étranger, Lyon, ENS Éditions, 2015.
  • Rogers Rebecca, « Conversations About the Transnational : Reading and Writing the Empire in the History of Education », dans Eckhardt Fuchs & Eugenia Roldán Vera, The Transnational in the History of Education. Concepts and Perspectives, Londres, Palgrave Macmillan.

lundi 11 novembre 2019

Blog "Enseigner la géographie" de Bénédicte Tratnjek


Blog Enseigner la géographie :
http://enseigner-la-geographie.jimdofree.com/blog/


Site d'échanges de ressources (lectures, séquences /séances didactiques, pratiques pédagogiques) autour de l'enseignement de la géographie (primaire et secondaire) réalisé par Bénédicte Tratnjek.
 
Ce site a trois objectifs principaux :
  • La partie "blog" complète la démarche de la page Facebook "Enseigner la géographie" (accessible sans compte, lancée en mai 2019) en proposant un support plus pérenne, permettant de retrouver les partages de ressources par rubrique et par mot-clef. Le blog comporte plusieurs rubriques :
    • Voir / Entendre : des partages de ressources cartographiques, radiophoniques, infographies, etc.
    • Lire : des partages autour de publications (articles, billets de blogs, ouvrages),
    • Enseigner : des partages de ressources didactiques ou pédagogiques touchant à l'enseignement de la géographie,
    • GéoActu : Des billets d'analyse plus approfondis autour d'une actualité (médiatique, scientifique, événementielle, etc.),
    • Géofiche : des fiches de synthèse sur des points précis de la géographie (rubrique à venir à l'été 2020).
  • Le partage de méthodes à destination des élèves pour l'enseignement de la géographie dans le primaire et le secondaire.
  • Dans un second temps (été 2020), le site accueillera le plus possible des ressources permettant des adaptations (différenciation pédagogique, adaptation aux élèves à besoins spécifiques, etc.) spécifiques à l'enseignement de la géographie (et notamment aux difficultés que peuvent poser certains troubles dans la transmission du langage cartographique).

Parmi les articles déjà consultables :

dimanche 13 octobre 2019

Anthropolgie et géographie : dialogues passés, présents et futurs


Anthropology and Geography : Dialogues Past, Present and Future 


http://www.therai.org.uk/conferences/anthropology-and-geography/

BRITISH MUSEUM/SOAS/RGS, 4-7 JUNE 2020

The Anthropology and Geography : Dialogues Past, Present and Future conference is jointly organised by the RAI, the RGS, the British Academy, the Department of Anthropology and Sociology at SOAS, and the BM’s Department for Africa, Oceania and the Americas. The conference will be held in SOAS, Senate House, and the Clore Centre of the British Museum. The opening, keynote lecture will take place at the RGS on the evening of 4 June.

The RAI believes that anthropology and geography should be close, all the more so as the two disciplines have so much in common, both today and in the past. It hopes very much that through this conference, existing dialogues can be explored and further conversations take place on a host of vital issues including the Anthropocene, definitions of ethnology, methodology and fieldwork, contemporary understanding, education and public awareness, and the place of our disciplines in the modern world. We hope equally that this will lead to a shared intellectual understanding of our past and the emergence of the two disciplines, and an even closer engagement in the future, particularly in terms of emerging fields of mutual interest: e.g. digital media, geospatial mapping, and satellite photography.

Informal enquiries may be made to info@therai.org.uk

Call for Panels opens 1 May 2019 and closes 2 September 2019

Call for Papers opens 23 September 2019 and closes 8 January 2020 Registration opens 24 February 2020

Please consider submitting a proposal for our panel below.

Title of the panel : What sort of collaborations between geography and anthropology when teaching in schools ? (And not only). 

http://nomadit.co.uk/conference/rai2020#8361

Convenors : Philippe Charpentier, Georgeta Stoica, Cufr Mayotte

Long abstract :

What sort of collaborations between geography and anthropology when teaching in schools ? (and not only) This panel will search to explore the different forms of collaborations that (may) exist between geography and anthropology when geography is taught as a discipline to the future generations (elementary, secondary but also post-graduate schools or university) and when anthropology has to find a better place. We invite proposals for papers exploring research-oriented, theoretical papers, historical practices, creative collaboration, practices testimonies in relation to the way we teach geography and/or anthropology. Here are some questions in relation with this panel that we would like to address : What empirical and theoretical methodologies are used to permit this collaboration by the teachers ? For what questions do the teachers use concepts, methodologies from the anthropology when they teach geography ? Why is it important to use anthropological method, concepts, questions when we teach geography ? What are the actual geographic themes taught in the schools that have an anthropological background (for instance, the geographic notion of "l'habiter" in the french primary school program).

How to apply :

All proposals must be made via the online form that can be found on each panel page.

Proposals should consist of a paper title, a (very) short abstract of <300 characters and an abstract of 250 words. On submission the proposal, the proposing author (but not any co-authors listed) will receive automated email confirming receipt. If you do not receive this email, please first check the login environment (click login on the left on the conference website) to see if your proposal is there. If it is, it simply means confirmation got spammed or lost; and if it is not, it means you need re-submit, as process went wrong somewhere.

Proposals will be marked as pending until the end of the Call for papers. Convenors will then be asked to make their decisions over the papers proposed to their workshop by 20 January 2020 and to communicate those to the proposers, marking them up within the login environment (Cocoa). Papers which are neither accepted nor rejected, but marked for 'transfer', will then be considered by the Conference Committee to see where else they might fit in the conference programme. There is no guarantee that such papers can be re-housed. We aim to resolve all transfers by 21 February 2021.

Timing of presentations :

Convenors are reasonably free to run their sessions as they like, but the norm is to allot each presenter a maximum of 20 minutes (for presentation and questions/discussion). The key is to respect the fact that many presenters have travelled a long way in order to be able to contribute and clearly need time to set out their argument.


mardi 24 septembre 2019

Journée d’étude « Les territoires de demain »

 
Journée d’étude « Les territoires de demain (urbains et ruraux) : approche géographique et interdisciplinaire »

9 octobre 2019, INSPE de Rennes

Inscription obligatoire : https://forms.gle/JF1dWC8fbBS4je9LA

Dans le cadre de l’événement UGI Paris-2022, la commission « Didactique, épistémologie et histoire de la géographie » est à l’initiative de la journée d’étude. Nous avons sollicité trois autres commissions pour nous associer : la commission « Géographie historique », la commission « Ville et métropolisation et la commission « Géographie rurale ». L’INSPE de Bretagne, le laboratoire ESO-Rennes (UMR ESO 6590) et le laboratoire CREAD ont collaboré pour préparer cette journée.

L’introduction récente d’une dimension prospective dans les programmes scolaires de géographie (programmes d’école primaire et collège de 2016, prochains programmes de lycées ?) questionne les pratiques d’enseignement de cette discipline. En effet, la tradition scolaire en géographie met l’accent sur la transmission de connaissances en relation avec une description/interprétation du réel étayée par les interprétations de la géographie universitaire ainsi que sur l’acquisition de méthodes (analyse de documents de diverses natures, raisonnement intégrant un changement d’échelles, expression graphique…). Or travailler en classe sur le devenir des territoires, urbains comme ruraux, suppose de se démarquer de cette tradition sur plusieurs points : penser l’horizon temporel cible et donner ainsi une plus grande place aux temporalités dans l’approche des territoires,  penser en termes de scénarii et donc prendre en compte l’incertitude, donner une place à la réflexion des élèves en tant que futurs citoyens-acteurs, questionner les points d’appui pouvant servir de référence (par exemple les schémas prospectifs produits par les collectivités locales), mobiliser les avancées de la recherche universitaire en matière de prospective.

La présence de la dimension prospective dans les programmes scolaires de géographie fait écho à la place qui lui est réservée dans les recherches et travaux universitaires. Si cette démarche prospective ne représente pas une entrée majeure au sein de la discipline, elle tend cependant à occuper grandissante, à mesure que les géographes s’investissent dans des projets d’aménagement (milieu urbain, infrastructures de transport par exemple) et qu’ils prennent en charge les transitions en cours (transition démographique, urbaine, climatique, environnementale). Ce faisant, ils investissent aussi bien, dans leurs analyses des processus, les temporalités présentes, passées et futures. L’articulation entre les recherches menées dans la sphère académique avec les programmes scolaires et les modalités d’enseignement permettra de mieux saisir comment le futur peut être envisagé en géographe.

9h-9h30: accueil café

9h30 - 10h : Ouverture officielle de la journée

10h - 11h : "Histoire de la prospective" - Chloé Vidal, docteure en géographie ENS Lyon Directrice de recherche en Prospective et Déléguée permanente en France, Institut Destrée sur l’histoire de la prospective 

11h-12h : "Le devenir du rural en France : quelles    approches géographiques ?" -  Monique Poulot, Professeure    de    géographie    Université    de    Paris    Nanterre, UMR    LAVUE    7215

Après le temps de l’urbanisation triomphante et de la ville, le rural est aujourd’hui à la mode en France dans une sorte d’inversion des regards, ce dernier en venant à figurer une certaine modernité et un mieux vivre (Mathieu, 2017). Cette question du devenir du rural est complexe car elle appelle de nouvelles manières de faire de la géographie, la prospective n’étant pas la plus répandue dans les approches classiques.  Elle appelle notamment le recours à plusieurs pas de temps dans une mise en perspective depuis « le grand chambardement des campagnes » (Braudel, 1986) du XXème siècle-marqué notamment par leur ouverture- jusqu’à de nouvelles remises en cause aujourd’hui tant agricoles qu’« administratives » avec une multiplication d’alternatives centrées sur le local (Morel et Le Clanche, 2018). Elle appelle aussi la mise en œuvre d’une approche systémique, certains signaux faibles de changements en cours ne pouvant s’appréhender que dans une mise en lien avec les transformations environnementales et sociétales. Elle appelle enfin la confrontation de plusieurs courants de pensée, entre légende noire et légende rose, pour aller vers des scenarii multiples. Mon propos est d’interroger ici, à l’aune du croisement de ces différentes grilles, comment penser le rural dans la France des prochaines années.  Nous pointerons notamment quelques grandes tendances décelables : ainsi la difficulté de cerner la notion de rural, entre catégorie spatiale et catégorie de sens ; ainsi le retour de l’alimentation ; ainsi les innovations en matière d’agriculture en regard du changement climatique ou encore celles sociétales et d’apprentissage du vivre ensemble ; mais aussi certaines faiblesses comme l’atonie des bourgs et petites villes qui maillent et animent ces espaces ; le tout dans un lien à la ville que l’on ne peut ignorer et dans lequel s’inscrit le devenir du rural. Il ne s’agit pas d’en faire une étude exhaustive mais d’envisager sur quelques-uns de ces thèmes les outils et les méthodes qui autorisent une mise en perspective et des projections à trente ou quarante (Mora, 2008).

12h-13h30 : Pause déjeuner

13h30-14h30 : "Penser le futur d'un territoire : enjeux, difficultés et leviers pour une approche dans l'enseignement primaire et secondaire" - Christine Vergnolle Mainar (professeure des universités en géographie, Institut National Supérieur du Professorat et de l’Education de Toulouse, Laboratoire GEODE UMR 5602 CNRS – Université Toulouse Jean Jaurès) et Sylvain Genevois (MCF, Géographie et Sciences de l’éducation et de la formation; INSPE de la Réunion/Laboratoire ICARE)

En rupture avec la tradition scolaire de la géographie, l’introduction récente d’une démarche prospective dans les programmes dès l’école primaire constitue une question professionnelle. Après avoir identifié les enjeux et les difficultés de ce nouvel objet scolaire, seront présentés des résultats de recherche au cours desquelles ont été testés des leviers pour l’aborder en classe. En mobilisant des démarches didactiques et pédagogiques innovantes, ces recherches visent à développer chez les élèves des capacités citoyennes en termes de construction de leur opinion, notamment par l’approche critique de situations territoriales, la rencontre avec des arguments d’acteurs du territoire et in fine la construction de scénarii prospectifs.

14h30-15h : "Alexander von Humboldt et le canal de Panama" - Laura Péaud, Maîtresse de conférences, Université Grenoble Alpes, membre du laboratoire Pacte (UMR 5194)

Entre 1799 et 1804, Alexander von Humboldt parcourt l'Amérique du Sud et en particulier l'isthme d'Amérique centrale. De ses pérégrinations et de ses conceptions géographiques, il tire une réflexion nourrie sur l'opportunité de percer un canal transocéanique entre Atlantique et Pacifique, préfigurant ainsi le canal de Panama. En faisant un détour par l'histoire de la géographie, nous questionnerons au travers de cet exemple la vision géoprospective de Humboldt et de ses contemporains, en articulant la représentation de l'aménagement dont il rêve et sa vision géographique du monde et de ce que doit être la géographie : une science visant à l'amélioration des sociétés et de leur espace.

15h-15h30 : "Chercher le futur dans le passé : de l’importance des modèles dans la conception des projets d’aménagement des territoires" - Nicola Todorov, Enseignant-chercheur, Université de Guyane, CRHXIX (EA 3550,  Paris 1 et 4)

A comparer les différentes définitions données au terme d’aménagement par des auteurs se référant à contextes nationaux et historiques différents, en dépit de la variété des échelles et des acteurs auxquels ils se réfèrent, on constate la récurrence de certaines idées communes mobilisées pour définir l’aménagement. La plupart des définitions contiennent bel et bien l’idée d’actions planifiées et de prospective. L’étude des projets aménagistes suppose donc de se pencher sur les représentations de l’espace des acteurs, leurs visions sur la durée et les moyens nécessaires pour façonner l’espace. La comparaison de plusieurs projets et actions d’aménagement historiques dans des contextes géographiques différents semble faire émerger certains aspects communs. Que l’on étudie les projets d’aménagement d’un espace colonial, comme la Guyane française, la colonisation « intérieure » prussienne ou les projets élaborés dans le sillage de la conquête napoléonienne, l’importance des modèles présidant à l’élaboration des projets et politiques d’aménagement semble placer l’aménagement au cœur du concept de géographicité, entendue comme un mode d’existence de l’homme sur la Terre.

15h30-16h : Groupe de Recherche et de Ressources "Penser et imaginer les villes de demain afin de les habiter et d'en devenir des citoyens engagés. Une approche interdisciplinaire de prospective territoriale" - Magali Hardouin, Maîtresse de conférences - HDR, INSPE de Bretagne, UMR ESO/CREAD ; Isabelle Le Ferrec, formatrice à l’INSPE de Bretagne Histoire-géographie; Yves Kuster formateur à l’INSPE de Bretagne SVT et Jean-Marie Boilevin, Professeur en didactique des sciences, CREAD

Comment imaginer, bâtir et gérer la ville de demain, durable et solidaire ? Quels aménagements originaux et innovants permettraient d’atténuer voire d’effacer les déséquilibres socio-spatiaux-environnementaux présents au sein des différents espaces de la ville ? Cette problématique citoyenne est interdisciplinaire et le groupe de recherche de l’ESPE de Bretagne, « Penser et imaginer les villes de demain afin de les habiter et d'en devenir des citoyens engagés. Une approche interdisciplinaire de prospective territoriale » s’en est emparé avec l’objectif de construire une séquence interdisciplinaire sur « la ville de demain » en prenant en compte quatre impératifs : L’interdisciplinarité ; La structuration de scénarios de la ville de demain avec l’organisation de débats sur les points positifs et négatifs pour chacun d’entre eux ; L’usage pertinent et raisonné des outils numériques ; La mise en place de situations d'apprentissage « intégratrices ». Les membres du groupe sont issus de plusieurs disciplines : géographie et aménagement/urbanisme, français ; anglais ; SVT ; éducation musicale et sciences physiques.

16h-16h30: "Un exemple de prospective scolaire : une géographie concrète pour faire envisager la ville de demain" - Florian Pons, Enseignant chercheur, Collège REP Jean de Verrazane / Université de Lyon/ Université Lyon 2, UMR 5600 EVS

A travers un projet pédagogique en géographie, mes élèves de 6e ont été placés en situation de géoprospective pour les inciter à imaginer, penser, réfléchir à  la ville de demain. L’analyse du projet, qui a pris deux mois, permet de dégager des réussites et des manques sur les trois temps du projet : un état des lieux, l’élaboration de scénarios et la mise en débat de ces derniers. Le but du projet était d’ouvrir la classe sur le monde réel en connectant l’établissement au quartier,  grâce notamment au lien tissé avec la mairie d’arrondissement et des partenaires extérieurs. Le fait d’être en établissement REP interroge la notion pédagogique « d’élève acteur de son travail » qui requiert des prérequis au collège, parfois non maîtrisés. Cela permet aussi de réfléchir au rapport au savoir et la possibilité d’être crédible en tant qu’acteur de l’aménagement du territoire dès le plus jeune âge.

16h30-17h : "Mobiliser la géohistoire pour dessiner les trajectoires des territoires de demain Expériences retro-prospectives autour des territoires d’eau" - Denis Mathis, Maitre de conférences, Université de Lorraine, LOTERR

Dans la mise en œuvre de projets territoriaux, et notamment dans le cadre des territoires d’eau, la géohistoire est régulièrement sollicitée et mobilisée par les acteurs institutionnels et/ou de l’aménagement. Cette commande cherche à puiser dans l’expérience du passé, un éclairage sur les aménagements et la gestion des territoires d’eau ainsi qu’à produire une histoire ou un récit. Ce récit construit a pour objectif de mobiliser les acteurs, créant solidarité et cohésion territoriale, réaffirmant des identités. La géohistoire des territoires d’eau permet de mettre en lumière les anthropo-hydrosystèmes, de dessiner des trajectoires des territoires de demain et de mettre en scène un projet « cousu main ».

17h-17h30 : Discussions

17h30 : Fin de la journée

Lien d‘inscription : https://forms.gle/JF1dWC8fbBS4je9LA

Contact : magali.hardouin@inspe-bretagne.fr



mardi 17 septembre 2019

Expériences de terrain et pratiques d'enseignement hors-les-murs en géographie

La revue Feuilles de Géographie vient de faire paraître un numéro spécial intitulé "Expériences de terrain et pratiques d'enseignement hors-les-murs en géographie".

Vous le trouverez à cette adresse : https://feuilles-de-geographie.parisnanterre.fr/2019/09/13/numero-special-experiences-de-terrain-et-pratiques-denseignement-hors-les-murs-en-geographie/

Sommaire du numéro :

- Laura Clevenot, Université Paris 1 : "Pratiquer la géographie environnementale sur un terrain de thèse : quel apprentissage réciproque ?"
- Julie Bidi, Professeure des écoles : "La sortie de terrain au cycle 3 pour découvrir le(s) lieu(x) où j'habite. Parcours d'orientation dans le quartier Château d'eau -Lancry (Paris, Xème arrondissement)
- Julie Chouraqui, Université Paris 1 : "Sortie dans la ZAC Paris - Rive Gauche initiation au terrain (L3)"
- Julie Picard, Université de Bordeaux, "(Faire) enseigner la géographie hors-les-murs : initier à la sortie sensible en master MEEF 1er degré"

mardi 3 septembre 2019

Commencer à se former pour enseigner


Commencer à se former pour enseigner, par Claire Joubaire chargée d'étude à l'unité Veille et Analyses - Dossier de veille de l'IFÉ, n° 131, septembre 2019

Télécharger la version intégrale du dossier (fichier PDF)

Voir la notice en ligne

Après deux Dossiers de veille sur l’apprentissage du métier enseignant (Feyfant, 2010) et la formation en établissement (Feyfant, 2013), ce Dossier fait un nouveau point sur la formation initiale des enseignant.e.s au moment où, en France, une réforme se prépare sur cette question. En effet, les ESPE, Écoles supérieures du professorat et de l’éducation sont amenées à devenir des INSPE, Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation, et entrainant une modification de la place du concours qui sera positionné après la deuxième année de master (M2) au lieu d’être placée après la première an-née (M1) comme c’est le cas actuellement.

Ce dossier fait le point sur un certain nombre de recherches et de rapports récents consacrés à la formation des enseignant.e.s, et plus particulièrement à leur formation initiale. Sans chercher l’exhaustivité, il se concentre sur la construction des liens entre les modalités de formation et les difficultés du métier enseignants : de quelle façon la formation initiale peut-elle faciliter leurs premiers pas dans le métier et leur insertion professionnelle ?

On peut y trouver des pistes de réflexion sur les dispositifs de formation, l'entrée dans le métier, l'activité enseignante...

Le dossier fait référence notamment à deux enquêtes :


Crises des programmes scolaires. Vers une école de la conscience !



Résumé
Pourquoi l'école enseigne-t-elle ceci plutôt que cela ? Tout en dévoilant des procédures et des épisodes de l'histoire récente, l'auteur propose d'abord au lecteur une réflexion générale. Qui décide des programmes ? Quels intérêts les gouvernent ? Si l'on peut enseigner les richesses immenses des connaissances scientifiques, la beauté, l'expérience acquise par l'humanité, et tout aussi facilement la haine, le racisme ou la contre-vérité, qui décide ? Qui choisit ? Mais le jeu des connaissances est devenu crucial et dépasse largement les frontières françaises et les anciens schémas. Aujourd'hui, toute la donne cognitive est nouvelle et s'apprécie à l'échelle du monde, qu'il s'agisse d'Internet, de la propagation systématique de fausses nouvelles, des différentes mondialisations, des cohabitations nouvelles et accélérées de cultures très différentes, du volume nouveau des données disponibles et de l'algorithmisation croissante de leur traitement. A l'heure où les savoirs sont disponibles en un clic sur Internet, se poser la question des programmes a-t-il encore un sens ? Si l'école n'est pas à condamner, elle est profondément à redéfinir. Moins focalisée sur la seule connaissance, que quantité d'appareils peuvent désormais mémoriser et traiter beaucoup mieux que les pauvres humains, elle devrait alors repenser son rôle d'éducation, à commencer par les questions d'éthique qui surgissent au coeur de la connaissance. Le temps est venu d'une école de la conscience, qui apportera aux élèves tout ce qui peut les aider dans l'exercice de vivre.

Entretien de l'auteur pour le journal Le Monde (3 septembre 2019)
« L’école est indifférente aux savoirs car elle assume avant tout un rôle de sélection... Le rapport à la connaissance est en plein bouleversement et l’école ne semble pas le savoir ».


jeudi 29 août 2019

CR de lecture: Culture et inégalités à l’école – Esquisse d’un curriculum invisible

Julien Netter

Culture et inégalités à l’école – Esquisse d’un curriculum invisible
Presses Universitaires de Rennes, 2018, 201 p, 24 euros

Maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Paris Est Créteil, Julien Netter avance dans cet ouvrage l’idée que la culture à l’école peut amener un bénéfice à l’élève mais qu’elle est insuffisante s’il n’y a pas, en complément, une certaine culture de l’école.

Le propos intéressera les didacticiens de la géographie car la discipline y est convoquée en exemple par deux fois. Une séance sur la localisation des principales villes de France en CE2 est convoquée pour montrer de nombreux implicites, le recours à des outils et du matériel peu maitrisés (passage d’un type de carte à une autre, correction difficile des localisations par le biais de l’image satellite), une volonté de ne pas infléchir le cours de la séance pour les élèves à la peine. En parallèle est étudiée une séance d’origamis sur un temps périscolaire. A priori éloignée du champ de la géographie, cette activité n’a pas été sans similitude : une grammaire spéciale, un codage, une iconographie…mais une certaine structuration de l’espace. C’est fort de cette comparaison que l’auteur amène à parler de « microstructures » (percevoir et interpréter des signes graphiques, faire des mises en relation, développer des capacités d’abstraction…) qui, assemblées, amèneraient à façonner l’activité, son assise disciplinaire, la « conscience disciplinaire » en somme. Mais si les finalités de l’origami sont moins légitimes aux yeux du « système » (enseignants, parents, institution), elles ne le sont pas pour l’élève.

Citant Jean-Claude Forquin (2008), Julien Netter revient sur la classification des curriculum formel/prescrit (les programmes dans leur globalité), réel (ce qui est effectivement appris ou enseigné) et caché/implicite (ce qui est transmis sans que cela soit dit explicitement). Ces catégories étant inadaptées au monde périscolaire et à cette activité d’origami, l’auteur en arrive à parler de « curriculum invisible », de l’ordre de l’implicitement compris par les élèves (et même très exactement compris pour certains d’entre eux). Mais celui-ci est peu verbalisé, mesurable chez les élèves performants et pas vraiment chez les autres, il peut être considéré comme « la façon dont l’élève doit comprendre et s’approprier » le curriculum formel, une « fiction utile permettant de construire un tableau global de l’école ».

La géographie revient dans un second exemple qui pointe le hiatus entre carte et schéma, le schéma étant une abstraction qui ne parle qu’à l’enseignant et à certains élèves seulement. La séance analysée ici dans un CM1 portait sur les climats et révèle la confusion classique entre « temps (météo) » et « temps (physique) » mais aussi une autre entre « climat » et « climatisation ». L’élève pris dans cette seconde confusion ne sait pas s’en défaire n’étant pas à l’affut d’indices permettant une correction comme, par exemple, le recours à un tableau sur les données de températures préalable à la réalisation de la carte qui aurait permis de réaliser que le terme « climatisation » n’était pas le bon.


L’ouvrage gagne en généralité sur les deux derniers chapitres qui traitent du « bilinguisme scolaire » à travers l’exemple des sorties au musée. L’expression recouvre l’idée que l’on puisse passer d’une logique thématique (comme c’est le cas dans les sorties au musée) à une logique disciplinaire (ou l’inverse) pour en tirer bénéfice. Le problème est que ces aller-retours ne sont pas guidés, ce qui n’aide pas les élèves dont la culture de l’école est plus fragile. Ils doivent faire les passerelles par eux-mêmes. Finalement, comme le dit Julien Netter, « la culture à l’école est vouée à se plier à la culture de l’école ». C’est aussi du côté de la mise en forme institutionnel qu’il faut trouver des explications : l’ouverture culturelle au travers de la formule « visites clés en main » cloisonne les encadrants et les logiques thématiques et disciplinaires et n’est finalement pas profitable à tous.   

CR de lecture: Rupture 1 : les nouveaux territoires de l’école

Alain Boissinot et Philippe Clause (coordination)

Rupture 1 : les nouveaux territoires de l’école
Revue Administration et Education, n°162, 2019/2, 139 p, 20 euros

Depuis maintenant quatre décennies, la revue Administration et Education s’intéresse au système éducatif au travers des acteurs et de leurs pratiques et propose, dans ce n°162, un regard sur la dimension territoriale de l’école.

L’idée générale contenue dans ce numéro et qui ressort dans plusieurs contributions tient à l’aspect récent de ces relations entre école et territoire et qui s’explique par le caractère national de toute l’histoire du système éducatif français.

Il parait difficile de passer sous silence l’étude des caractéristiques régionales et locales des structures scolaires et ce, à une époque où on ambitionne de réorganiser les territoires en fonction des pratiques scolaires. Est-ce seulement possible ?

Le numéro propose des analyses selon différents angles d’attaque.

La typologie des espaces en est une et la dichotomie urbain/rural, quoi qu’on dise sur cette vieille distinction, montre que les problèmes ne sont pas du même ordre. La grande ruralité est très attachée au maintien des services sur place. Les résultats des élèves en fin de collège peuvent être moindres qu’en zone urbaine par endroits. Le territoire y apparait comme une ressource.

La focale choisie est également un prisme qui permet d’apprécier le contenu des analyses pour le géographe : le niveau fin des IRIS de l’INSEE, la micro échelle des espaces scolaires dans leur architecture et leur agencement, les nouveaux contours des plus vastes régions académiques.

Le regard, rétrospectif ou prospectif, sur les politiques menées est enfin riche d’enseignements : les spécificités de l’internat au travers de la question centrale du recrutement, les rythmes scolaires au travers des inégalités de l’offre périscolaire et du partage des espaces, la géographie des espaces de la formation initiale.

Du grain à moudre pour les géographes, qu’ils soient didacticiens pour se saisir de ces thématiques pour illustrer l’apprentissage de la discipline ou plus aménageurs pour en tirer des leçons de portée plus générale. Comme l’évoque l’un des contributeurs, Marc Bablet, IA-IPR, au sujet de la politique d’éducation prioritaire, la réponse n’est pas tellement territoriale mais sociale et s’il y avait un peu plus de mixité en générale, cette politique serait-elle encore nécessaire ?

Sommaire


Les territoires de l’école
Nouveaux lieux, nouveaux espaces
Magali HARDOUIN, Rémi ROUAULT
Les territoires de l’école vus par l’économiste
Denis CLERC
Nouvelles régions, nouvelles intercommunalités : qu’en disent les géographes ?
Jean-François THÉMINES
Des territoires de l’école aux territoires éducatifs : menace ou opportunité pour l’école ?
Choukri BEN AYED
L’école rurale, entre tensions territoriales et enjeux scolaires
Ariane AZEMA, Marie-Blanche MAUHOURAT

Interactions
Capacités territoriales, échelles et acteurs : la dimension spatiale de la réforme des rythmes scolaires (2013-2017)
Jean-François THÉMINES, Anne-Laure LE GUERN
Collèges d’Île-de-France et quartiers d’implantation, un archipel hétérogène
Hugo BOTTON, Jean-François CHESNÉ, Virgile MILETTO
Des espaces pour apprendre : le cas de l’école élémentaire
Viviane BOUYSSE
Quelle vision moderne de l’internat ?
Anne-Marie ROMULUS
L’éducation prioritaire entre social, pédagogique et territoire
Marc BABLET

Nouveaux espaces, nouvelles pratiques
Une école du socle à Serres
Philippe MAHEU
Les territoires de l’école : enquête dans l’académie de Besançon
Annie TOBATY
La Haute-Saône : espace de ségrégation de la Franche-Comté ?
Stéphanie LIBERT
La communauté de communes à compétence scolaire : un nouveau territoire pour piloter le premier degré d’enseignement
Philippe CLAUS
Les académies : du centralisme napoléonien aux « régions académiques »
Alain BOISSINOT
Les nouvelles « Régions académiques » : débats et enjeux
Questions à Jean Louis Nembrini

mardi 16 juillet 2019

Des réactions aux nouveaux programmes d'Histoire-Géographie

Le collectif Aggiornamento a publié un billet sur Médiapart. A lire ici.

L'association Mnémosyne a également réagi. A lire ici.

Le point de vue critique développé par les membres du site Didagéo au moment de la consultation de ces nouveaux programmes de lycée. A lire ici.




lundi 24 juin 2019

Parution "Didactique pour enseigner" par le Collectif Didactique pour enseigner


Ce livre est le fruit du travail de trois années d’un collectif de recherche qui a cherché à concrétiser pour les pratiques d’enseignement et d’apprentissage des notions théoriques élaborées en didactique, en particulier au sein de la théorie de l’action conjointe en didactique. Il a été conçu en utilisant certains concepts de la didactique pour l’analyse et la transformation des pratiques effectives d’enseignement et d’apprentissage, dans des domaines et disciplines variés. L’usage concret de ces concepts, loin de se limiter à l’étude de leurs utilisations possibles, a également permis de les renouveler, et de proposer une nouvelle vision de la science didactique.

Avec le soutien de l’université de Bretagne occidentale.

Lire l'introduction

Consulter le sommaire de l'ouvrage

Pour en savoir plus



dimanche 23 juin 2019

Objets pour apprendre, objets à apprendre (CR du Colloque d'Amiens, 11 et 12 juin 2019)


Compte-rendu du Colloque Objets pour apprendre, objets à apprendre : Quelles pratiques enseignantes pour quels enjeux ? (Amiens, 11 et 12 juin 2019)


Xavier Leroux, Jean-François Thémines


Ce colloque imaginé par et autour de Joël Bisault et Roselyne Le Bourgeois (Université de Picardie Jules Verne, ESPE de l’Académie d’Amiens, CAREF) avait pour but de déterminer la place et le rôle des objets mis au centre de pratiques enseignantes ordinaires ou innovantes, de la maternelle à l’université, en France ou dans d’autres contextes nationaux. Il cherchait à faire se rencontrer les domaines disciplinaires (sciences, littérature jeunesse, histoire, géographie, mathématiques, etc.), les regards de praticiens, de formateurs et de chercheurs.

Son appel à communications démarrait sur une forme de définition didactique de l’objet, ouverte, non exhaustive, interrogative et rattachée à des pratiques :

L’objet doit être considéré dans sa matérialité permettant des rencontres sensibles et sous d’autres aspects : production, œuvre, signe, etc. permettant différentes rencontres pratiques et intellectuelles Mais il ne s’agit pas seulement pour un professeur, dans un cadre plus ou moins contraint, d’introduire des objets en classe. Il s’agit d’instituer une « pratique », une « manipulation » des objets par les élèves, selon des approches qui se démarquent d’une conception de l’enseignement héritée de la scolastique, où la parole et le texte sont censés suffire pour former les esprits. Alors, comment introduire les objets en tant qu’« alliés » de l’enseignant et du formateur mais aussi « alliés » des élèves dans leurs apprentissages ? Quelles pratiques mettre en œuvre pour que ces objets soient des « passeurs » efficaces, avec des élèves qui interviennent dans les dispositifs ? Comment ne pas étouffer le potentiel de ces dispositifs par un encadrement trop strict des activités et une formalisation trop précoce des attentes des enseignants ?  

Pris en charge par le(s) langage(s), les objets sont dotés d’une autre existence en ce que, à l’école, ils sont nommés et catégorisés, décrits et détaillés, pris dans divers « récits », supports de sensations et d’émotions : le caillou devient personnage dans le jeu symbolique, cristal en physique, unité de compte en jeu d’awalé, image de la non-conscience en philosophie, thème en poésie, etc. Quelle attention accorder, en contexte d’enseignement-apprentissage, aux discours sur les objets ? Quels rôles joue la mise en mots des objets ? Comment articuler, équilibrer le travail sur l’objet et les discours ? 

Enfin, l’objet est médiateur et permet à des personnes de se retrouver autour de quelque chose. Ce sont les « objets actants » qui assignent à des rôles et peuvent le cas échéant entrer en concurrence avec le projet du professeur, limiter ou contourner les usages prévus par lui. Au-delà du technique, la question est alors celle politique de la formation au fonctionnement d’artefacts, en particulier numériques, lequel échappe à la majorité de leurs utilisateurs. Transformer par la pratique le rapport éthique que les humains entretiennent avec les objets technologiques actuels, et plus généralement « le » technique, devient indispensable.

Dans sa conférence inaugurale : Au rayon du matériel didactique : investiguer les fonctions et les usages des objets du monde scolaire, Joël Lebeaume (Université Paris-Descartes, EDA) a repris et développé ces questions, les organisant en fonction des résumés des communications annoncées, pour proposer un cadre de questionnement partagé.

Partant de l’idée que les objets sont constitutifs de l’enseignement et des recherches en didactiques, il en a d’abord sérié les enjeux de la présence à l’école : enjeux institutionnels (aspects règlementaires), enjeux économiques (le marché des « fournitures » scolaires, une industrie, un commerce, une logique d’innovation économique), enjeux politiques (les objets associés aux contenus d’enseignement à caractère stratégique : robots et enseignement de programmation informatique).

Comme chercheurs, une première nécessité s’impose qui est celle de construire une distance avec l’existence scolaire vite naturalisée de ces objets, alors même que tous ont acquis des droits d’admission, non sans débat. Tout nouvel admis modifie en effet plus ou moins localement la culture scolaire (voir le conflit de la plume et du stylo bic). Ce qui est aussi une manière de rappeler fortement l’ancrage matériel de toute culture, y compris la culture scolaire. Des objets trament la culture de l’école, avec ses différences internes (les environnements matériels des voies générale, professionnelle et technologique du secondaire) et contribuent à produire des décalages dans la compréhension de celle-ci pour un certain nombre d’élèves.

S’agissant de l’étude des pratiques scolaires de/avec ces objets, Joël Lebeaume souligne d’abord la tendance des chercheurs présents à associer des qualificatifs au mot objet pour en préciser, délimiter les fonctions. Ainsi de l’objet transitionnel, médiateur, inducteur, interface, catalyseur. Il invite à entrer dans l’étude par le point de vue sur l’objet. Quel(s) point(s) de vue sur l’objet intéresse le chercheur ? Quelles variables (de position, d’intention, de culture, etc.) déterminent les points de vue de professeurs, d’élèves, d’institutionnels, de parents, etc. ? Quels malentendus, ajustements, ouvertures en découlent pour quels apprentissages ?

Joël Lebeaume rappelle l’utilité de certains modèles ou concepts généraux de didactiques pour appréhender et construire un cadre de saisie de ces points de vue, par exemple la notion de matrice disciplinaire au sein de laquelle Michel Develay (1992) fait une place aux objets, matérialisant une discipline, y organisant des coutumes didactiques, et évoluant en même qu’évolue la matrice disciplinaire. Les usages des objets peuvent aussi être interrogés à partir du modèle proposé par Joël Lebeaume pour donner à comprendre la genèse de l’éducation technologique au collège, à savoir le type de cohérence construit entre les tâches proposées aux élèves, leurs visées éducatives et leurs références (Lebeaume, 2011). Le concept de conscience curriculaire peut aussi être convoqué pour penser l’objet en situation scolaire, au cœur des interactions curriculums-acteurs, sur le mode de procédés d’indexation, par les élèves, de ce qu’ils sont en train de faire, à des catégories de situations, de contenus, etc. (Lebeaume, 2013).

En dehors de cette conférence inaugurale, nous ne mettrons l’accent ici que sur trois communications ayant un rapport direct ou incident avec l’enseignement de la géographie. Ce qui est quelque peu trahir l’esprit de ce colloque ouvert, réellement interdisciplinaire et interprofessionnel. D’autres compte-rendus et des publications à venir assureront certainement ce tissage et la poursuite des dialogues. 


La carte et le jeu : objets pour apprendre les repères géographiques à l’école élémentaire
 

Xavier Leroux, Université d’Artois, Discontinuités

Xavier Leroux a présenté une expérience conduite comme professeur des écoles dans une classe de CM2 où il a été question de concevoir et de réaliser un jeu visant à l’acquisition par les élèves d’un certain nombre de repères spatiaux à placer sur des cartes murales en fonction d’éléments de caractérisation et de localisation. Ces repères spatiaux sont choisis par les élèves. A un recueil initial écrit de repères en début d’année scolaire, répondent différentes relances du professeur au cours de l’année pour en étoffer la liste. Les élèves catégorisent et proposent des critères d’identification de ces repères, fabriquent des sortes de fiches comportant images et caractérisation de ces lieux. Ces fiches sont ensuite fixées sur des cartes murales (France, Europe, Monde) ; ce qui permet de palier la non-utilisation de cartes figées au mur et déjà remplies pour lesquelles aucune manipulation n’est possible. L’expérience vise à installer les repères indispensables à l’apprentissage de la géographie, autrement que comme une nomenclature sèche, détachée des thèmes auxquels s’ancre leur caractérisation. Les lieux sont alors appréhendés au travers de leurs attributs géographiques et non de leur seule localisation. La matérialité des objets (cartes murales, petites fiches et/ou cartes de caractérisation des lieux), leur fabrication et les manipulations (affichage) soutient plusieurs dimensions des apprentissages géographiques, en particulier 1° leur caractère collectif et partagé, puisque ces repères, visibles et travaillés, sont issus pour une bonne partie de propositions spontanées d'élèves ; 2° leur caractère opératoire : les repères deviennent ainsi des outils pour aborder « le reste » de la géographie dans un esprit plus analytique.

 

La carte à l’École du Socle : un objet à apprendre

Sylvie Considère, ESPE de Lille Nord de France,
Anne Glaudel, Université de Reims Champagne-Ardenne,
Thierry Philippot, Université de Reims Champagne-Ardenne, Maud Verherve, Académie de Lille


La communication de Sylvie Considère, Anne Glaudel et Maud Verherve a pris appui sur une recherche en cours, intitulée « Géo du Socle », qui a pour objet les apprentissages que construisent en géographie les élèves de l’école élémentaire et du collège. Une équipe d’enseignants-chercheurs et enseignants a mis en œuvre, dans 7 académies de métropole et d’outre-mer, un protocole de recueil de productions graphiques d’élèves de CM1, CM2, 6ème et 3ème. Il s’agissait pour les élèves de répondre à la consigne suivante, sur un fond de carte d’une île fictive : « aménager l’île pour qu’une société puisse y vivre ». L’exposé a présenté ici l’analyse de quelques productions provenant de ce vaste panel (80 analysées plus finement). 

Les chercheurs ont souhaité savoir quels types de savoirs, scolaires et non scolaires, géographiques ou non, largement partagés ou plus personnels, sont mobilisés par les élèves dans cette situation de production et quelles pratiques graphiques sous-tendent leurs productions. Rappelant que la connaissance se construit par les pratiques et les savoirs, eux-mêmes issus des sphères scolaire et sociale, et que la carte est un discours, du plus spontané au plus raisonné, les intervenantes ont pu aboutir à une classification entre cinq catégories d’espaces représentés, du plus intime ou plus vaste : des microzones, des bassins de vie, des villes, des régions et des Etats. Ce qui ressort également est l’absence assez fréquente de réseaux pour relier et donc organiser les diverses parties de l’espace pris dans sa globalité, au mélange des représentations graphiques conventionnelles et personnelles, à la place solide de l’écrit (soit comme « enseigne » chez les plus jeunes, soit comme légende chez les plus grands).

De quoi interpréter le monde et exercer sa pensée critique. Des objets tangibles aux cartes interactives pour se déplacer et apprendre l’espace : quelques exemples de situations d’apprentissage avec des enfants déficients visuels

Quentin Chibaudel, Christophe Jouffrais, Bernard Oriola
Université de Toulouse 3, IRIT Katerina Fibigerova, Université de Toulouse Jean Jaurès, CLLE

Représenté par Quentin Chibaudel, étudiant en post doc dans le domaine « Automatique, Productique, Signal et Image, Ingénierie cognitique », la réflexion collective exposée dans cette communication intéressera, outre les psychologues, les informaticiens et les professionnels de l’accompagnement des personnes en déficience visuelle, les géographes et les didacticiens de la géographie, puisqu’il était ici question d’appréhension de l’espace chez les jeunes déficients visuels. Le projet ACCESSPACE est un projet exploratoire qui, en psychologie, vise à mieux comprendre les relations entre le développement du langage et les compétences spatiales dans des situations de coopération. Les objets à disposition pour accompagner les personnes en situation de handicap peuvent être numériques (applications), physiques (canne blanche), hybrides (canne connectée) et peuvent également convoquer des cartes interactives. Le projet a aussi l’ambition en informatique, et plus précisément dans le domaine de l’Interaction Homme-Machine (IHM) et des technologies d’assistance, de concevoir des prototypes d’objets permettant d’améliorer l’acquisition de connaissances spatiales, surtout lorsqu’elles impliquent des référentiels spatiaux différents (égo- vs. allocentré).

Deux exemples ont été proposés pour appuyer l’idée d’un apprentissage de l’espace par la coopération :
-    la « Tangible box », une boîte sur laquelle on pose un objet aimanté au dessus et au dessous d’un plateau et dont une caméra filme le déplacement. A l’aide d’un retour sonore adapté, l’utilisateur sait qu’il a validé, ou non, tel déplacement sur la carte ;
-    le support « Mascot » qui simule une chasse au trésor où l’explorateur, déficient visuel, se trouve dans une salle préalablement aménagée (simulant un espace inconnu) et le guide, ayant la carte, dans une autre. La collaboration est ici très fine car l’accompagné doit attendre d’avoir la meilleure représentation possible de la situation avant de prendre une décision de déplacement dans cet espace inconnu. Le temps s’invite ainsi dans l’espace inévitablement.

Deux objets pour apprendre un espace à partir de repères allocentrés (mobilier dans la pièce) ou égocentrés (sa droite ou sa gauche) et une invitation à se questionner sur les échelles de proximité moins immédiate, par exemple pour enseigner la géographie dans ce contexte de déficience visuelle, l’approche sensible et les autres sens pouvant évidemment être convoqués.

Références citées

Michel Develay, De l’apprentissage à l’enseignement, Issy-les-Moulineaux, ESP Editeur, 1992.

Joël Lebeaume, « Cohen-Azria Cora, Lahanier-Reuter Dominique & Reuter Yves (dir.). Conscience disciplinaire. Les représentations des disciplines à la fin de l’école primaire, Revue française de pédagogie [En ligne], 185 | 2013, URL : http://journals.openedition.org/rfp/4320

Joël Lebeaume, L’éducation technologique au collège : un enseignement pour questionner la refondation du curriculum et les réorientations des disciplines, Éducation et didactique [En ligne], 5.2 | 2011. URL : http://journals.openedition.org/educationdidactique/1178



mardi 18 juin 2019

Sur les bancs du paysage. Enjeux didactiques, démarches et outils

Sur les bancs du paysage. Enjeux didactiques, démarches et outils

Éditeur(s) scientifique(s) : Sylvie Paradis, Anne Sgard

Date : 2019

Editeur : MetisPress

Il ne suffit pas de poser le regard sur un paysage pour qu’il se révèle à nous. Car, loin du simple décor, le paysage constitue notre cadre de vie, chargé de sens, à partager avec d’autres, qui le perçoivent, le ressentent et se l’approprient de multiples façons. Tout au long du 20e siècle, le paysage est progressivement devenu un enjeu politique de premier ordre, comme en témoigne l’adoption de la Convention européenne du paysage. Pourtant, les acteurs censés le protéger, le gérer ou le transformer peinent à en saisir la complexité et à valoriser son potentiel. 

Un travail de formation et d’éducation par, pour et avec le paysage se révèle dès lors nécessaire. En sensibilisant, en créant le débat et en confrontant les disciplines et les métiers, cet ouvrage offre un panel d’expériences didactiques au service des acteurs du paysage d’aujourd’hui et de demain. Les textes ici rassemblés alimentent une réflexion de fond sur les enjeux éducatifs autour du paysage. L’ouvrage numérique associé, augmenté d’une vingtaine de contributions, donne accès à un descriptif de chacun des dispositifs pédagogiques, à des ressources multimédias, et au retour critique des auteurs.


Cet ouvrage donne accès gratuitement, sur le site de l’éditeur MétisPresses (Genève) à un ouvrage rassemblant une douzaine d’articles scientifiques et une vingtaine de présentations de démarches de médiation au et avec le paysage. L’ouvrage numérique, qui se présente davantage sous la forme d’une plate-forme, donne accès à d’abondantes ressources pédagogiques de toute nature: photographies, dessins, maquettes, vidéo, applications, sites…

Version numérique de l'ouvrage à télécharger gratuitement :
http://www.metispresses.ch/en/sur-les-bancs-du-paysage-numerique


Introduction | 7
Anne Sgard, Sylvie Paradis

Le paysage revisité par la didactique, et réciproquement | 9
Anne Sgard, Christine Partoune

De la disparition de l’automne. Un voyage pédagogique dans le temps  des paysages | 43
Serge Briffaud

Et si le renouveau des politiques paysagères passait par les collectivités locales ? | 55
Laurent Lelli

La formation et l’éducation au paysage en Italie. Regards croisés entre la géographie et l’architecture | 71
Paola Branduini, Benedetta Castiglioni

Le paysage, instrument démocratique ? Rôles des professionnels du paysage et de l’état | 91
Richard Raymond, Marie Villot

Les non-dits du paysage: entre dispositif pédagogique et recherche scientifique | 109
Pierre Dérioz, Philippe Bachimon, Maud Loireau, Laurent Arcuset

Les usages pédagogiques du jeu de rôle dans la formation des professionnels du paysage | 129
Hervé Davodeau, Monique Toublanc

«Le paysage en marchant», de quelques expériences pédagogiques de réflexion sur l’habitabilité du monde | 149
Hélène Douence

Les aménageurs de demain. Initier les étudiants à l’interdisciplinarité grâce au paysage | 169
Sue Engstrand, Euan Bowditch

Vision paysagée, vision partagée: la politique paysagère de la Vallée
de la Bruche | 189
Josiane Podsiadlo, Jean-Sébastien Laumond, Pierre Grandadam

Les Petites Terres du Livradois-Forez: des paysages virtuels aux enjeux écologiques réels | 209
Claire Planchat, Jean-Luc Campagne, Pierre-Alain Heydel

Postface / Le paysage entre démarche de projet et principe de responsabilité | 229
Yves Luginbühl



lundi 17 juin 2019

Les nouveaux territoires de l'école

Ruptures 1 : les nouveaux territoires de l’école

Administration & Education  n° 162 – Juin 2019 (2019/2)

Coordonnateurs : Alain Boissinot, Philippe Claus

http://www.afae.fr/publications-new/le-dernier-numero/

 

Présentation

Le numéro 162 d’Administration et Éducation, est le premier d’une série de numéros qui tentent d’analyser quelques grandes ruptures qui modifient nos représentations de l’éducation et de l’école, nous confrontant à des logiques et des défis inédits. Ce premier numéro étudie les relations de l’école avec son espace. Trois géographes, un économiste et un sociologue interrogent les territoires où apprennent les élèves. La population des jeunes à scolariser varie dans l’espace et dans le temps. Ces inégalités démographiques contraignent le système éducatif à s'adapter à la demande de formation initiale. Métropolisation et désindustrialisation génèrent ainsi des inégalités économiques et démographiques. L’inégale répartition des non diplômés chez les plus de 15 ans oppose, par exemple, les académies d’Outre-mer et de la vieille France industrielle rurale et urbaine du nord à celles du sud. Les « métropoles millionnaires » et autres grandes aires urbaines concentrent les plus diplômés. Ces dimensions socio-économiques et démographiques créent des contextes géographiques très inégaux sur lesquels se développe le système éducatif.
 
Plusieurs articles interrogent les emboitements d’échelles qui interviennent pour comprendre les relations du système éducatif avec la diversité des territoires. Les auteurs, acteurs de l’éducation,montrent ainsi comment le ministère de l’Éducation nationale, les acteurs sociaux, les inspecteurs, les chefs d’établissements, s’approprient l’espace, et comment les enseignants eux-mêmes peuvent intégrer cette dimension essentielle dans leur formation et dans leurs interventions. Par ailleurs, les nouvelles régions et la place croissante des communautés de communes interrogent le pilotage du système. Dans des contextes socio-spatiaux inégaux, l’Éducation nationale et les collectivités territoriales déploient des ressources (humaines, budgétaires, offres de formation...) qui sont aussi différentiées selon les territoires

Sommaire

Les territoires de l’école
Nouveaux lieux, nouveaux espaces
Magali HARDOUIN, Rémi ROUAULT
Les territoires de l’école vus par l’économiste
Denis CLERC
Nouvelles régions, nouvelles intercommunalités : qu’en disent les géographes ?
Jean-François THÉMINES
Des territoires de l’école aux territoires éducatifs : menace ou opportunité pour l’école ?
Choukri BEN AYED
L’école rurale, entre tensions territoriales et enjeux scolaires
Ariane AZEMA, Marie-Blanche MAUHOURAT

Interactions
Capacités territoriales, échelles et acteurs : la dimension spatiale de la réforme des rythmes scolaires (2013-2017)
Jean-François THÉMINES, Anne-Laure LE GUERN
Collèges d’Île-de-France et quartiers d’implantation, un archipel hétérogène
Hugo BOTTON, Jean-François CHESNÉ, Virgile MILETTO
Des espaces pour apprendre : le cas de l’école élémentaire
Viviane BOUYSSE
Quelle vision moderne de l’internat ?
Anne-Marie ROMULUS
L’éducation prioritaire entre social, pédagogique et territoire
Marc BABLET

Nouveaux espaces, nouvelles pratiques
Une école du socle à Serres
Philippe MAHEU
• Les territoires de l’école : enquête dans l’académie de Besançon
Annie TOBATY
• La Haute-Saône : espace de ségrégation de la Franche-Comté ?
Stéphanie LIBERT
• La communauté de communes à compétence scolaire : un nouveau territoire pour piloter le premier degré d’enseignement
Philippe CLAUS
Les académies : du centralisme napoléonien aux « régions académiques »
Alain BOISSINOT
Les nouvelles « Régions académiques » : débats et enjeux
Questions à Jean‑Louis Nembrini

Rubriques
Notes de lecture