entete

DE LA RECHERCHE A LA FORMATION

Nous avons créé ce blog dans l'intention de faire connaître les travaux de recherche en didactique de la géographie. Notre objectif est également de participer au renouveau de cette discipline, du point de vue de ses méthodes, de ses contenus et de ses outils. Plus globalement nous espérons que ce site permettra d'alimenter les débats et les réflexions sur l'enseignement de l'histoire-géographie, de l'école à l'université. (voir notre manifeste)

lundi 21 août 2017

La carte des résultats au CAPES d'histoire-géographie

  CAPES d’histoire-géographie 2017 :
des résultats très inégaux selon les académies


Comme chaque année, le rapport de jury livre un certain nombre de statistiques sur la réussite des étudiants au CAPES d’histoire-géographie. Le rapport du CAPES externe 2017 donne en annexe des indicateurs chiffrés qui permettent de détailler les résultats du point de vue du nombre d’inscrits au concours, du nombre de candidats présents aux deux épreuves écrites (histoire et géographie), du nombre d’admissibles à l’oral et d’admis à l’issue des épreuves écrites et orales (voir tableaux et graphiques reproduits plus bas). Ces données sont complétées également par la discipline de formation (78% des candidats sont historiens, seulement 13% géographes) et le diplôme d’études des candidats (46% sont issus de masters MEEF, 35% de masters recherche, 9% d'autres formations).

Il nous a semblé intéressant de cartographier quelques-unes de ces données, en particulier celles qui concernent les résultats des candidats par académie. La carte que nous avons élaborée superpose deux données : le nombre de présents aux deux épreuves écrites et le pourcentage d’admis par académie par rapport aux admissibles, ce qui semble un indicateur plus pertinent que le nombre d’admis par rapport au nombre global de présents (l'écart important entre l'écrit coefficienté 1 et l'oral coefficienté 2 constituant un seuil important à franchir pour les candidats). Cette carte témoigne de l’existence de fortes inégalités concernant les chances de réussite des candidats au CAPES. Ce n’est pas un fait nouveau en soi : le rapport de jury du CAPES 2013, établi sous la responsabilité de Laurent Carroué, insistait déjà sur les divergences importantes qui apparaissaient entre les centres de préparation. Notons que ces disparités sont loin de s’estomper avec le temps. Cette carte pose la question de l’égalité des candidats pour la réussite d’un concours dit « national », notamment la place accordée aux territoires ultramarins qui n’ont obtenu aucun admis au CAPES en 2017 (La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française ne figurent pas sur le fond de carte choisi mais n'ont pas non plus de candidats admis). A ces académies dites "ultra-périphériques", on peut adjoindre les « petites » académies qui peinent à réunir les conditions favorables pour une préparation satisfaisante aux épreuves du CAPES. La carte interroge sur le caractère véritablement « républicain » d’un concours de moins en moins accessible pour la « France des marges » (pour reprendre l’intitulé même d’une des questions de géographie au concours). 

Le fait de regrouper les trois académies franciliennes de Paris – Versailles – Créteil (elles représentent à elles seules 22,9% des inscrits) limite un peu la comparaison. Mais pour autant cette carte est riche d’enseignements. Le constat de fortes inégalités entre les académies tient tout d’abord aux écarts dans le nombre de candidats inscrits aux épreuves. Avec 3 020 présents pour 5 137 inscrits, ce sont en moyenne 2 candidats sur 5 qui ne viennent pas composer à l’écrit des deux épreuves. Cette part d’ « absentéisme » s’élève à plus de 1 candidat sur 2, voire 2 sur 3 pour certaines académies périphériques comme la Martinique (50% d’absents), la Guadeloupe (61,6%) ou la Réunion (63,9%). Ces inégalités concernent également le taux d’admissibilité et le taux d’admission. Ce n’est pas forcément dans la région parisienne que l’on rencontre les taux les plus élevés, mais plutôt du côté de Rennes, Dijon, Grenoble, Strasbourg, Lyon, Besançon. Des disparités importantes s'observent donc aussi à l’échelle du territoire métropolitain.



Le CAPES d'histoire-géo : un concours accessible pour la "France des marges" ?



Nous proposons de dégager une typologie des académies non pas en fonction de leurs seuils de performance individuelle (il serait dérisoire de vouloir classer les académies tant les réalités locales sont diverses), mais en fonction de leur appartenance à un groupe d’académies ayant les mêmes caractéristiques. Comme toute typologie, celle que nous proposons est discutable dans la mesure où elle regroupe des académies qui peuvent avoir des caractéristiques dissemblables concernant d'autres indicateurs. Mais du moins permet-elle de montrer des logiques spatiales. La carte a été élaborée à partir du pourcentage d’admis par rapport aux présents rapporté au total des académies. Elle met en lumière des académies « dynamiques » (en rouge) qui ont un taux d’admis proportionnellement supérieur à leur taux de présents. Outre Paris-Versailles-Créteil, Lille et Rennes, ce sont des académies situées plutôt dans le grand Est de la France (Lyon, Grenoble, Dijon, Besançon, Strasbourg). Il s'agit, souvent mais pas exclusivement, d'académies importantes en nombre d’étudiants qui sont à même d’offrir des conditions plus favorables pour la préparation au CAPES. A l’inverse, les académies qui ont un taux inférieur (en bleu) se situent plutôt en périphérie du bassin parisien (Caen, Rouen, Orléans-Tours, Amiens, Reims = les marges du centre ?), dans le sud-ouest (Bordeaux et Toulouse) et le sud-est de la France (Aix-Marseille, Nice, Corse). En situation ultrapériphérique, nous retrouvons les académies d’outre-mer qui ont un taux d’admissibles très faible et un taux d'admis quasiment nul.

Une situation plutôt inégalitaire à méditer…

Auteur : Sylvain Genevois


ANNEXES (tableaux et graphiques) 
 source : Rapport de jury CAPES 2017






source : L'Etudiant




Lien ajouté le 1er décembre 2020


Liens ajoutés le 4 juillet 2021