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DE LA RECHERCHE A LA FORMATION

Nous avons créé ce blog dans l'intention de faire connaître les travaux de recherche en didactique de la géographie. Notre objectif est également de participer au renouveau de cette discipline, du point de vue de ses méthodes, de ses contenus et de ses outils. Plus globalement nous espérons que ce site permettra d'alimenter les débats et les réflexions sur l'enseignement de l'histoire-géographie, de l'école à l'université. (voir notre manifeste)

jeudi 18 avril 2013



Prochaine séance du séminaire "La fabrique de la géographie scolaire"
le 15 mai 2013
 Lieu : Institut de géographie - 191 rue Saint Jacques – Paris 5e - métro Luxembourg Salle 109 - 14h à 16h




« Le renouveau environnemental, une géographie scolaire de l’interface. »





Intervenant :                                                                          Discutant :
Christine Vergnolle Mainar                                                 Caroline Lieninger-Frézal
Maître de conférences en géographie                                     Maître de conférences en géographie
IUFM Midi-Pyrénées                                                            Université Denis Diderot Paris 7
école interne de l’université de Toulouse II-Le Mirail               UMR 8504 Géographie-cité, 
UMR 5602 GEODE                                                               équipe E.H.GO



L’approche de l’environnement a fortement évoluée tant dans les débats sociaux et politiques que dans les disciplines universitaires et scolaires concernées. Les dimensions prises en compte sont désormais plus nombreuses et davantage sujettes à discussion : facteurs bio-physiques, points de vue des acteurs, choix de gestion des territoires, enjeux politiques et géopolitiques, questions d’éthique, incertitude quant au futur… Dans ce contexte, la géographie scolaire, qui historiquement abordait les questions environnementales sous l’angle des relations sociétés-milieux, est conduite à redéfinir sa contribution. Les questions auxquelles sont confrontés les enseignants sont alors multiples ; elles touchent à l’identité de la discipline et à sa place au sein du système disciplinaire : Quelle spécificité de l’approche géographique de l’environnement (en termes de concepts, de démarches, de savoirs, etc) ? Quelle articulation avec les autres disciplines scolaires concernées par l’environnement ? Quels points d’appui trouver dans la géographie universitaire ou dans les autres sciences étudiant l’environnement ?






 
Vous pouvez dès à présente écouter la séance du 10 avril du séminaire la Fabrique de la géographie scolaire sur :

"La géographie scolaire et son contemporain. Quelques réflexions sur des rencontres, des retards et des rendez-vous manqués.»"

 Pour écouter, cliquez ici sur l'intervenant ou le discutant
 
Intervenant :                                                                          Discutant :

Pascal Clerc                                                                           Marie-ClaireRobic

Maître de conférences en géographie                                     Directrice de Recherche émérite

Université Lyon 1-IUFM                                                        UMR Géographie-Cités, équipe E.H.GO

UMR Géographie-Cités, équipe E.H.GO
 

La géographie scolaire comme les autres disciplines est de son temps. Mais plus que d’autres, en raison de sa situation de prise avec ce qui se passe dans le monde, elle est affectée dans ses contenus même par ce contemporain. Dans le système de circulation des discours (iconiques et textuels) entre le monde et la géographie scolaire, les interactions sont complexes. Je les envisage ici du point de vue de la culture scolaire à travers quelques études de cas pour montrer que la géographie scolaire construit le monde de manière partielle (des occultations, des récurrences), partiale (une forme de militantisme), active ou descriptive, scientifique ou proche du sens commun. Ce sujet renvoie très directement à la question centrale des finalités d¹un enseignement géographique.

mercredi 3 avril 2013

La géographie au collège et au lycée : une exception française ? (Café géo)

Débat sur « La géographie au collège et au lycée : une exception française ? » avec François Louveaux, Doyen de l’Inspection Générale (Groupe Histoire-Géographie), Corinne Glaymann, Inspectrice de l’Education Nationale (Histoire-Géographie), et Christian Grataloup, Professeur de géohistoire (Paris 7 Denis-Diderot), animé par Daniel Oster et Claudie Chantre, le mardi 23 avril 2013, de 19h30 à 21h30, au premier étage du Café de Flore, 172 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris, M°Saint-Germain. 

jeudi 28 mars 2013


Michel Foucher, géographe d’un monde imprévisible
"Enseigner la géographie, toujours et encore, avec une distance critique des idées et cartes mentales reçues, comme clé de compréhension de notre situation, en France, dans nos régions et nos villes, et de nos atouts. Comme l’histoire, la géographie a une fonction civique, donc politique. Surtout dans les périodes de crise, c’est à dire de doutes. D’une manière, je conçois l’enseignement de la géographie moderne comme un vecteur de sursaut, de reprise de confiance en soi, de reconquête."

Lire la suite de l'interview sur le site du Café pédagogique

jeudi 28 février 2013

Un article à ne pas manquer dans EchoGeo
"Les relations entre géographes et historiens : enseignement, didactique, épistémologie, recherche"
Débat entre Christian Grataloup, géographe, et Patrick Garcia, historien. Cliquez ici
La géographie par l'art
Vous pouvez dès à présent entendre l'intervention du 27 février 2013 de Sophie Gaujal et d'Anne-Sophie Molinié sur la géographie par l'art. 
Pour continuer sur le thème de la géographie par l'art :
 
Oïkos est un spectacle de 35 minutes sur le thème de l'écocitoyenneté mêlant jonglage, musique et théâtre. Il permet aux élèves de lycée d'aborder la thématique du développement durable de manière sensible et critique. Refusant les discours chocs et pré-conçus parfois présent en matière d'environnement, ce spectacle repose sur la métaphore et l'humour pour inviter les élèves à discuter et à débattre autour de thématiques complexes (empreinte écologique, changement climatique, transition énergétique, éco-consommation, décroissance, transparence....). Cette discussion est préparée en amont en fonction des attentes des enseignants ainsi que des exigences des programmes scolaires. Elle a lieu directement entre les élèves et les deux artistes intervenants suite au spectacle.
 
Oïkos a déjà servi de base à des projets pluridisciplinaires reliant enseignants de géographie, d'éducation civique, de science et vie de la Terre, d'économie et de philosophie. La compagnie « Les Amis de ta balle » portant ce projet fait partie du réseau GRAINE (Réseau Rhône Alpes pour l'éducation à l'environnement vers un développement durable). Le site internet http://lesamisdetaballe.fr/ permet d'avoir plus de renseignements sur ce projet et de contacter la compagnie

mercredi 20 février 2013

La revue pédagogique de l'ICEM vient de publier un numéro sur l'histoire géographie.




SOMMAIRE

Billet d’humeur
Que reste-t-il du projet de temps éducatifs pour l’enfant ?, Catherine Chabrun
Chronique

Je pense très exactement savoir quoi vous dire, Ninon Bives           
Éditorial
Histoire partout, géographie tout le temps !, Michel Colas

Dossier – L’histoire-géo... pas sans nous!
 
1 – Regards multiples
Apprendre à étudier le milieu par la méthode naturelle, Monique Ribis, Nicolas Go et Marcel Thorel
Les mathématiques dans une approche vivante de l’histoire et de la géographie, Rémi Jacquet
Écrire l’expérience, un outil méthodologique en histoire et en géographie, Nadège Mariotti 
Lavisse nous a menti, Cédric Prévot   
 
2 –  Des idées en pratique
Cheminer sur les traces - Approches de l’histoire, une pédagogie du petit tour et du détour, Hélène Pico et Hélène Duvialard

De château en château…, Michèle Comte

L’histoire, ça m’intéresse pas, ça sert pas à trouver du travail !, Florence Saint-Luc

Un « Quoi de neuf ? » dynamique !, Claudine Braun
Une lettre collective médiévale, Barbara Meyer
Archéologie et histoire, des techniques - Expérimenter le métal et le feu :la préhistoire du geste, Denis Morin
Le château d’Écouen, méthode naturelle en histoire, Monique Quertier 
Oser la construction du jeu, un moyen d’évaluer des connaissances, Nadège Mariotti, Gaël Le Corre

Mon objet patrimoine, GD 82
Histoire-géo, pas si naturel !, propos recueillis par Catherine Chabrun
Lire et écrire pour BTJ, un travail d'enquêteur et de chercheur, Hélène Bouisset
Ateliers courts de recherche documentaire, Michel Colas

Utilisation des BTJ en classe..., Olivier Grémion
Les fiches de travail FTJ, Monique Bertet, Olivier Grémion 

Arts et Créations – «Paysages»
Nature habitée, Céline Hollebecq, Frédéric Quai
Un artiste à hauteur d’enfant, Michel Colas 


Second Degré

La déambulation socratique, Jean-Charles Léon 


International

Soutenir la scolarisation des enfants à Madagascar, Chantal Balthazard
 

Chantier Outils
Mon premier Atelier mesures 


Actualités
Littérature jeunesse, Marguerite Bachy

Pour en savoir plus, cliquez ici          

mardi 12 février 2013


CLERC P. (dir.) (2012) Géographies. Epistémologie et histoire des savoirs sur l’espace. Paris : SEDES, 275 p.


Cet ouvrage est un manuel de préparation aux concours de l’enseignement, qui aborde les enjeux épistémologiques actuels de la géographie. Il est structuré en quatre parties. La première partie « Histoires » pose les questions du statut des savoirs géographiques, de l’histoire de leurs constructions et des lieux de production de ces savoirs. La seconde partie interroge les « champs » de la géographie : ceux assez attendus de la géographique économique, sociale, culturelle, historique, environnementale mais également ceux probablement moins connus de la géographie postcoloniale, de la santé ou de la didactique, paradoxalement souvent mal maitrisé par les futurs enseignants. Le manuel est en cela l’écho des débats et recherches épistémologiques qui traversent la géographie savante. La troisième partie construite autour des pratiques, revient sur les méthodes et les outils de la géographie actuels : la carte, les SIG, l’iconographie etc. Enfin la dernière partie interroge des « objets » particuliers : la frontière, la montagne, habiter etc. là encore très en prise avec les recherches récentes.

Pour chaque thème, le manuel propose une réflexion synthétique, développée en quelques pages, qui s’appuie à la fois sur l’histoire du thème mais développe également ses perspectives et ses problématiques aujourd’hui. Cette organisation rompt avec un déroulement linéaire d’une histoire de géographie et de ces différents courants de la géographie depuis la « crise » des années 1950-60. Elle est particulièrement adaptée aux candidats préparant le CAPES mais également pour des enseignants ou des étudiants de licence qui souhaiteraient rapidement faire un point sur une notion, un outil ou une question. C’est un manuel de base, nécessaire à la connaissance de la discipline et qui répond à véritablement besoin créer notamment par la nouvelle bouture de l’épreuve sur dossier du CAPES. Néanmoins, la diversité des thèmes abordées, 48 au total, ne permet pas leur approfondissement. Cela n’enlève rien au sérieux de l’ouvrage mais doit pousser les lecteurs à approfondir notamment par les références bibliographiques indiquées en fin de chapitre. De plus, la qualité du contenu présuppose de manière implicite une connaissance minimale de la discipline dont le public cible n’est pas toujours pourvue.

Pour conclure, un outil indispensable aux enseignants en exercice ou à venir.

lundi 11 février 2013

Prochaine séance du séminaire "La fabrique de la géographie scolaire" m
Mercredi 27 février - 14h 16h
Institut de géographie, 191 rue St Jacques, Paris (RER B Luxembourg)


La géographie par l’art : nouvelle approche ?

SOPHIE GAUJAL, doctorante en géographie, l'UMR 8504 Géographie-cité, équipe E.H.GO, agrégée d'histoire géographie

Discutante : ANNE-SOPHIE MOLINIE, maitre de conférences en histoire, Université Paris 4-IUFM, Centre André Chastel

Comment et pourquoi articuler art et géographie à l’école ? Le dialogue que la géographie entretient avec l’art fait l’objet d’un intérêt croissant, tant dans le champ universitaire que scolaire, qu’il s’agisse d’une approche spatiale de l’art, ou d’une approche esthétique de la géographie. Notre intervention consistera à interroger les conditions de la mise en œuvre de ce dialogue à l’école, cantonné pour le moment à des pratiques marginales, en présentant une expérimentation conduite en classe de première. Cette expérience a consisté à proposer à des élèves, lors d’une sortie de terrain, une lecture sensible de la géographie, qu’ils ont dans un deuxième temps matérialisé par une photographie, outil qu’artistes et géographes ont en partage (Mendibil, 2008). Nous formulons l’hypothèse que cette forme originale d’écriture de la géographie peut permettre aux élèves de construire une vision plus complexe de la discipline, loin de la pratique normale du cours de géographie, très marquée par un discours réaliste, qui a longtemps été le fondement épistémologique de la discipline scientifique (Orain, 2009) et qui demeure un marqueur scolaire fort (Audigier, 1993, Tutiaux Guillon 1998).

Ecouter l'émission Planète Terre sur France-Culture

LEROUX X, JANSON A., MALCZYK B., HORRENBERG A. (2011) Géographie à vivre. Schiltigheim : Accès éditions.



Les éditions Accès proposent depuis deux ans une série de manuels intitulés Géographie à vivre à destination des classes de cycle 3 (CE2, CM1, CM2). Ces manuels répondent à une double aspiration didactique et scientifique.
Didactique d’une part, parce qu’il s’agit d’accompagner les enseignants de cycle 3 dans la mise en œuvre des programmes sur lesquels ils ont reçu peu de directives, les documents d’accompagnement ayant été publiés en janvier 2012 soit quatre ans après les programmes.
Scientifique ensuite parce qu’il y a une volonté de renouveler la géographie scolaire traditionnellement descriptive et vidalienne pour prendre en compte le tournant spatial des années 1980-1990. « La géographie a bien changé. Elle n’est plus cette des longs inventaires de capitales, sommets, longueurs de fleuves et autres départements. Elle a dépassé le stade des rapports homme-nature pour se consacrer désormais à l’étude de l’organisation des espaces par les sociétés humaines », p. 8.
Le projet est donc ambitieux. La qualité de la réflexion  et de la production doitvent être soulignées. Il semble, au regard de son succès dans les formations continues proposées aux professeurs des écoles, répondre aux attentes du corps d’inspection et du corps professoral. Il est vrai que cette série de manuels propose une lecture cohérente, organisée et structurée du programme de cycle 3 en géographie. Ces manuels s’organisent donc en modules thématiques facilement programmables puisqu’ils correspondent à une période chacun (intervalle de temps entre deux vacances scolaires). La planification thématique s’articule à une progression méthodologique des apprentissages. Le CE2 est orienté vers la description de paysage à l’aide de photographies, la production de croquis de paysage et le repérage dans l’espace par le biais de plan et de cartes. En CM1, les élèves travaillent, à l’aide de documents plus variés (tableau statistique, plan etc.), sur la comparaison et la répartition des phénomènes étudiés. Ils commencent à réaliser des productions graphiques (cartes et schémas). L’année de CM2 est consacrée à l’étude des organisations spatiales.
Bien que pas toujours lisible (trop petits), le corpus de documents proposé est varié et son utilisation a été pensée dans la progression proposée. Cela reflète la volonté de travailler des savoir-faire variés, en s’appuyant des différentes techniques avec des approches multiscalaires.
 Néanmoins cette entreprise soulève deux réserves.
La première est éthique et déontologique. Cette série de manuels proposent des séquences clés en main aux enseignants. Ce sont des manuels hybrides : ce ne sont ni des manuels à destination des élèves, ni des manuels du maître. Un manuel traditionnel propose des activités et du cours mais l’enseignant doit opérer un travail d’appropriation qui est l’expression de sa liberté pédagogique. Les manuels Géographie à vivre prennent en charge l’intégralité du travail de l’enseignant. Certes, cela est rassurant pour des enseignants souvent dépourvus de formation disciplinaire approfondie en géographie. Rien n’empêche chaque enseignant d’adapter les séquences et les séances proposées. Néanmoins, ces adaptations sont marginales, parce que les enseignants sont désarmés. Cela pose la question de la liberté pédagogique de l’enseignant.
La seconde réserve s’inscrit dans le champ didactique. Il y a une véritable volonté d’innovation dans ces manuels. Néanmoins, on peut regretter que la réflexion didactique ne soit pas toujours poussée jusqu’au bout et que dans des approches innovantes, surgissent des éléments de vulgate très classique. Par exemple, le chapitre sur la lecture de paysage en CE2 amène à réfléchir à la diversité des paysages, à leur évolution, à leur échelle, ce qui permet de dépasser l’appréhension souvent simpliste et réaliste de ce qu’est un paysage. De plus, des liens intéressants sont faits avec le cours de français. On ne peut que souscrire à l'interdiciplinarité. A côté de cela le manuel propose une méthodologie d’analyse de la photographie en la découpant par plan, ce qui reste très classique et relativement moins efficace qu’un découpage par unités paysagères par exemple. C’est une pratique fortement ancrée dans la culture scolaire dont la plus-value en terme d’apprentissages est faible, voire nulle en soi. Les auteurs ont simplement reproduit là des pratiques en cours. Ils mobilisent par ailleurs la technique de croquis de paysage.
D’une manière générale, les auteurs semblent avoir une vision construite et réfléchie de la géographie savante qu’ils souhaitent transposer dans ce manuel. Ils parviennent à impulser des réflexions épistémologiques en cycle 3 autour de la carte ou du paysage. Remarquable. Néanmoins,  les modalités et les finalités de transposition ne semblent pas toujours complètement abouties. On ne peut qu'inviter aux auteurs à aller plus loin. Quelle géographie voulons-nous défendre à l'école ? Quelles sont les finalités de cet enseignement ? Quelle praxis est-il nécessaire de mettre en place dans le cadre de cet enseignement ? Ces questions dépassent le cadre même d’un manuel scolaire.

Pour conclure, cette série de manuels est une proposition innovante et originale très utile pour les enseignants. On ne peut qu'appeler les auteurs à continuer dans cette voie.

Ce qu'en disent :
Café pédagogique
Les Clionautes
Enseignants du primaire


vendredi 25 janvier 2013

Introduire la cartographie numérique dans l'épreuve de cartographie au bac : mission vraiment impossible ?


I)
En finir avec l’exercice rituel du croquis


Au moment où s’élève un débat salutaire sur la fabrique des programmes scolaires en géographie, nous sommes étonnés de ne pas y voir figurer d’interrogation sur le sens et la nature de l’épreuve de cartographie au bac (1). Ce n’est pas un fait nouveau de constater que les pratiques scolaires sont largement orientées par les formes d’évaluation. Au lycée et en partie au collège, c’est l’épreuve du croquis de synthèse au baccalauréat qui détermine en amont les pratiques cartographiques. Il faut donc apprendre dès le plus jeune âge à faire des croquis à la main, comme on apprenait autrefois (mais ce n'est pas si vieux) à construire une pyramide des âges ou à produire un diagramme ombrothermique. Aussi formative soit-elle, la construction d’un croquis de géographie n’a de sens que par rapport à une sélection critique et raisonnée de l’information à cartographier. Ce que ne permet pas vraiment l’épreuve actuelle où le candidat ne peut s’appuyer que sur un fond de carte vierge. Malgré les efforts pour tirer l'épreuve vers le choix des symboles et l'organisation de la légende, la réussite de l'épreuve du croquis repose en grande partie sur la maîtrise du geste plus que sur la réflexion. Mais comme le disait Roger Brunet, point besoin d'être un bon dessinateur pour faire un bon croquis !

Nous ne reviendrons pas sur les nombreuses critiques qui entourent l’épreuve de croquis « de synthèse » pour laquelle on a un peu de mal à voir où se situerait l'esprit de synthèse. Tout au plus cette épreuve est-elle réduite à un exercice mnémotechnique : une liste de 15 à 20 croquis à apprendre par coeur pour le jour du bac (2). Rappelons toutefois que cette épreuve aurait pu prendre une toute autre allure si on avait décidé
d’y adjoindre, comme cela avait été envisagé lors de l’expérimentation de cette épreuve à la fin des années 1990, un dossier d’informations pour en faire une véritable épreuve de synthèse par la carte : en fournissant un corpus varié de documents de différente nature (textes, statistiques, cartes thématiques, anamorphoses…),  le candidat aurait été à même d’élaborer un véritable croquis personnel à partir d’une lecture critique de l’information. Comme nous le soulignions dans un chapitre d’ouvrage paru en 2010, la cristallisation autour du croquis de synthèse finit par laisser peu de place à la lecture et à l’analyse critique de l’information géographique, qui pourtant fait partie aujourd’hui des compétences-clés de la géographie enseignée (3). 


II) Développer la cartographie numérique dans la géographie enseignée, une idée qui fait son chemin…

Quinze ans après l’introduction du croquis au bac, la principale préoccupation des enseignants d’histoire-géographie n’est plus là : pour bon nombre d’entre eux, l’épreuve du croquis ne fait plus sens aujourd’hui, elle contribue même à ringardiser la géographie scolaire. L’exercice réalisé avec papier-crayon ne prend pas en compte un changement fondamental : le développement massif des technologies numériques dans les pratiques sociales. Jamais plus dans sa vie privée, citoyenne ou professionnelle, un élève n’aura l’occasion de faire un croquis de géographie à la main. Par contre il est fort à parier qu’il utilisera un GPS pour conduire son véhicule, un globe virtuel pour préparer ses prochaines vacances sur Internet, voire un outil de localisation sur son téléphone portable pour chercher de l’information selon sa mobilité. D’aucuns rétorqueront que la géographie ne se réduit pas à l’acquisition de repères spatiaux ni à l’usage de cartes dans la vie de tous les jours. Mais cela en fait partie aussi. La géographie enseignée ne peut pas s’alimenter seulement aux savoirs savants, elle doit s’ancrer aussi à un vécu, à des pratiques spatiales quotidiennes. Sans compter que ces outils de géolocalisation permettent de s’initier ensuite à des outils plus complexes permettant de développer le raisonnement géographique et l'analyse spatiale : nous voulons parler ici des Systèmes d’Information Géographique permettant de faire des requêtes spatiales et attributaires avec des démarches hypothético-déductives... et pas seulement des démarches inductives liées à la visualisation d'images numériques en 2 ou 3 dimensions dans des outils de webmapping (du type Google Maps, Géoportail,…), auxquels les concepteurs des programmes de géographie ont voulu renvoyer en parlant de « SIG simples d’utilisation » (lapsus révélateur qui en dit long sur la confusion qui règne au sein des différents outils de cartographie numérique).

Introduire les technologies numériques dans l’épreuve de cartographie au bac, l’idée semblait encore un peu saugrenue, voire impossible, il y a quelques années. Pourtant elle semble faire son chemin aujourd’hui. Deux exemples récents vont dans ce sens. Dans une émission consacrée au « Dessous des cartes numériques » (4), Jean-Christophe Plantin souligne assez justement que les cartes numériques ont comme principal atout, par rapport aux cartes papier-crayon, de « faire passer d’une objectivité contenue dans la carte à une objectivité contenue dans les données. » Et l’auteur de l’émission Sylvain Kahn de poser cette question (faussement) naïve :
« Vous pensez qu’il faudrait donner à des élèves de lycée et de collège la possibilité de traiter des données davantage qu’à apprendre à faire des croquis ? Je pense notamment à l’épreuve du baccalauréat en géographie, c’est toujours un croquis de synthèse comme on dit. Est-ce que vous vous seriez plutôt pour dire à l’Inspection générale qu’il faudrait changer tout cela ? Il y a un certain nombre de professeurs du secondaire qui aimeraient bien faire en sorte qu’il y ait un véritable encouragement à délivrer à eux-mêmes pour qu’ils puissent ensuite délivrer à leurs élèves cette cartographie numérique plutôt que d’en rester à une carte qu’on va appeler traditionnelle. »

Thierry Joliveau, qui tient un blog géonumérique sur la Toile et qui s’intéresse à l’impact des outils géomatiques auprès de différents publics, apporte alors cette réponse à propos des expérimentations SIG que nous avons pu mener dans les années 1990-2000 :
« Il y a une partie des élèves du secondaire qui se sont beaucoup intéressés aux SIG malgré les difficultés et la complexité des outils, et c’était pour cette raison-là, c’était pour montrer comment  la carte était construite avec des données, avec un certain nombre de sélections, de choix sémiologiques, etc. et je pense que c’est beaucoup plus facile avec les nouvelles interfaces. » 

Réponse isolée d’un spécialiste de la géomatique ? Pas si sûr. Thomas Goussu, enseignant d’histoire-géographie, émet le même souhait dans un article paru dans le journal Libération : « On peut aussi espérer que nos programmes entreront dans le XXIe siècle et se soucieront d’intégrer les technologies numériques dans les pratiques des élèves. Alors que tous les acteurs économiques se soucient de « compétitivité », combien de temps faudra-t-il encore apprendre aux élèves à crayonner des fonds de carte, quand des outils numériques simples d’accès permettent aujourd’hui un travail de cartographie plus pertinent et efficace ? » Passons sur l’argument concernant la compétitivité qui laisserait penser que la cartographie numérique serait uniquement une question d’approche professionnelle (la géomatique fournit tout de même des débouchés pour les géographes), voire d'idéologie libérale (on peut aussi utiliser des logiciels libres). Une chose est certaine, et Thomas Goussu le souligne avec justesse : si l’on veut enseigner des savoirs et des savoirs-faire qui font sens pour les élèves, il faut leur donner une légitimité dans les pratiques sociales de référence. 

   
III) Oui mais comment faire ?

Dans un billet du Café pédagogique (5), Gilles Fumey prend sa plume à son tour et répond, non sans malice, à Thomas Goussu qu’il ne suffit pas de faire « un appel au peuple dans la presse nationale » pour changer une épreuve de cartographie ! Les obstacles à l’intégration de la cartographie numérique  dans le contrôle final seraient donc plus importants qu’on l’imagine :
« Pourtant, cher Thomas Goussu, n'allez-vous pas vite en besogne lorsque vous demandez que les élèves sachent utiliser les logiciels de cartographie - parce que « crayonner des fonds de carte - serait moins « pertinent » et moins « efficace » ? D'abord, est-ce si sûr ? Allez voir à la Bibliothèque nationale comment les cartographes ont dessiné le monde marin à la Renaissance. Formez-vous des géomaticiens ou des élèves à des connaissances « générales » ? Etes-vous sûrs que les professeurs d'histoire sont formés à la cartographie numérique et aux SIG et la manient aussi bien que vous ?
Vous touchez là un continent que le ministre, tout à sa fureur modernisatrice, est en train d'équiper de bon matériel flambant neuf. Cette politique a l'avantage de donner des indicateurs faciles à manier comme le nombre et le coût des machines, leur diffusion ubiquiste (faux, car les collectivités territoriales ne dotent pas au même niveau), leur illusion techniciste. Mais a-t-on jamais lu un rapport détaillé sur les pratiques des élèves et des enseignants en cartographie dans un lycée « numérique » ?
 »

Reprenons les arguments avancés car le débat argumenté nous semble plus essentiel que les joutes oratoires !

Argument 1 : l’école n’est pas censée former des cartographes, encore moins des géomaticiens. C’est un point de vue avec lequel on ne peut qu'être d'accord, l’enseignement secondaire doit rester un enseignement général. On ne forme pas des spécialistes. Ce qui compte c'est "faire de la géographie" et pas seulement apprendre à "faire des cartes". C'est vrai, mais c'est assez réducteur. C'est oublier que la carte reste un marqueur essentiel de la géographie scolaire comme l'a montré Christian Grataloup. Le point de controverse derrière cela, n’est-ce pas le débat (un peu suranné) concernant les rapports ambivalents de la cartographie  et de la géographie ? Débat qui s’est encore complexifié avec l’essor de la géomatique, d’abord  réservée au monde professionnel mais aujourd’hui très largement diffusée dans le grand public. Le fait est aujourd’hui que l’école ne peut pas rester à l’écart de ces outils géonumériques au sens large (qu'il ne faudrait pas réduire aux SIG). C’est d’ailleurs dans ce sens que les programmes de géographie ont commencé largement à intégrer ces outils dans les programmes dès la classe de 6e. Alors pourquoi ne pas aller jusqu'au bout en mettant en cohérence les modes d'évaluation avec les contenus et les démarches mobilisés dans l'enseignement d'une géographie renouvelée et résolument ouverte aux nouveaux outils ?

Argument 2 : les enseignants d’histoire-géo ne sont pas formés à la cartographie numérique. C’est possible. Mais ils n’étaient guère formés à faire des croquis en 1999 au moment de la réforme et des nouveaux programmes du lycée. L’inspecteur général Gérard Dorel avait justement poussé à créer cette épreuve pour que les enseignants (et partant les élèves) puissent au moins améliorer leur maîtrise des cartes. Serait-on devenu si timoré qu’on n’ose plus changer une épreuve au bac pour faire évoluer les pratiques pédagogiques ? Pas si sûr non plus qu’un pourcentage important d’enseignants n’utilisent pas déjà ces outils de cartographie numérique dans leur cours de géographie. Cela vaudrait en tout cas la peine d’enquêter sur les pratiques réelles des enseignants en classe car on manque de recherches dans ce domaine. 

Argument 3 : Oui mais qui va former ? Où et comment ? Au moment où vont se mettre en place les nouvelles "Ecoles supérieures du Professorat et de l’Education" (ESPE), gageons que la 2e année consacrée à la professionnalisation permettra de vraiment former à la maîtrise des compétences numériques et que l’on puisse revaloriser parallèlement la formation continue des enseignants complètement délaissée ces dernières années. Un vœu pieux ? Peut-être, mais soyons un peu ambitieux si l’on veut bâtir « l’Ecole du XXIe siècle », comme semble le vouloir le ministre de l’Education nationale. En outre ce besoin de formation aux nouveaux outils de la géographie conduirait les universités à intégrer davantage la géomatique dans la formation de base des étudiants en géographie (certains départements universitaires le font déjà, y compris en histoire). L'argument selon lequel les enseignants d'histoire ne pourraient s'adapter ne tient que partiellement : n'est-ce pas ce qu'on leur a déjà demandé de faire en formant leurs élèves à l'épreuve du croquis de géographie au bac ? Nombre d'enseignants ayant une formation initiale d'historien ont appris à aimer et à enseigner (plutôt bien) la géographie en la pratiquant avec leurs élèves.

Argument 4 : le matériel informatique est insuffisant dans les établissements particulièrement dans les lycées qui sont moins bien équipés que les collèges de manière générale. Mais c'est la fonction qui crée l'organe et non l'inverse : quand on a créé l’épreuve d’Expérimentation Assistée par Ordinateur (épreuve d’ExAO) en Sciences de la Vie et de la Terre, cela a été l’occasion de créer des salles informatiques spécialisées. Une liste de logiciels a été définie officiellement. On a réfléchi également à la façon d’évaluer les élèves sur des supports papier. Une liste de TP en ExAO a été fournie spécialement pour les examinateurs de manière à simuler (de manière assez convaincante) ce que les élèves étaient censés réaliser sur support informatique (après tout c'est souvent ce que l'on fait dans l'évaluation du C2i2e). Le fond du problème est bien de savoir si l’on est prêt à évaluer des savoir-faire en contexte et non des savoirs factuels passablement fossilisés. On répliquera que les SVT sont une science expérimentale et que la géographie ne revêt pas cette dimension. Pas si sûr. L’acquisition de savoirs-faire cartographiques repose aussi sur la manipulation d’outils de sélection et de traitement de l'information, qu’ils soient numériques ou non. Oui mais les SVT sont une discipline beaucoup plus anciennement et profondément instrumentée que la géographie. Est-ce là un fait immuable ?

Argument 5 : Au moment où les cartes se diffusent dans le grand public et où chacun peut fabriquer « sa carte à la carte » sur Internet ou avec des logiciels de cartographie grand public, la géographie scolaire ne doit-elle pas enseigner une approche critique de la cartographie ? (7) C’est dans ce sens que le nouveau programme de Terminale S intègre désormais une approche politique et citoyenne des cartes où l’on encourage explicitement « l’usage des TICE » (outils d'imagerie satellitaire, SIG). Doit-on considérer par conséquent que les compétences numériques ne concerneraient que des matières optionnelles et ne pourraient donner lieu à évaluation dans les filières générales ? Il serait bon que l'on arrête de "jeter le bébé avec l'eau du bain" en condamnant systématiquement les nouveaux programmes de géographie : pourquoi ne pas garder ce thème d'étude consacré spécifiquement au rôle de la représentation par la carte (numérique ou non) pour le généraliser à tous les élèves de Terminale et en faire une épreuve au bac ? Car finalement ce qui semble en jeu, c'est bien la question centrale des outils de représentation du réel en géographie : une sorte de "savoir penser le monde" qui va bien au delà de la simple technique cartographique, la carte comme outil de cognition spatiale et d'investigation d'un réel qui reste à comprendre et à organiser mentalement.
 

Le débat est donc ouvert, mais un point est certain : l’épreuve de croquis au bac est passablement dépassée aujourd’hui. Que l'on soit clair : notre propos n'est pas de faire la promotion du "tout numérique". Pour l'instant on en est plutôt au degré zéro du numérique dans les épreuves d'histoire-géographie au bac. Ce qui est bien dommage eu égard à la richesse et la diversité des outils de cartographie (je ne parle pas des seuls SIG) : des simples logiciels de cartographie thématique aux SIG en passant par les globes virtuels, les outils de géolocalisation... Or rien de tout cela dans les épreuves de contrôle final : pourquoi donc les enseignants s'encombreraient avec de tels outils jugés compliqués ? Ce ne sont pas les injonctions continuelles dans les programmes à "utiliser les TICE" qui suffiront à encourager les enseignants à préparer les élèves au monde géonumérique dans lequel ils vivent désormais.

Notre but n'est pas non plus de vouloir faire la promotion des SIG et de la géomatique en classe ! D'ailleurs il n'y en a pas besoin, puisque les "SIG" sont déjà partout (en fait nulle part), même dans les activités proposées par les manuels (nous reviendrons sur ce point dans un autre billet) : en réalité pour ne pas faire peur, on se cantonne à de la géovisualisation dans des globes virtuels (sorte d'erzatz de SIG puisqu'ils possèdent déjà le multicouche et le géoréférencement sans donner accès aux données), quand on ne confond pas les SIG avec des sites statistiques en ligne assortis de cartes thématiques (type Géoclip).  Nous n'avons rien contre, bien au contraire : ce serait déjà bien si on apprenait à croiser les couches d'information et à manier les emboitements d'échelle dans les premiers, à varier les modes de discrétisation et la symbologie dans les seconds. Mais encore faudrait-il définir un référentiel explicite de compétences cartographiques et d'outils pour  acquérir progressivement ces compétences, ce qui n'existe pas pour l'instant. On instrumente tous azimuts des pratiques cartographiques sans avoir d'idée claire sur leurs finalités et surtout leur cohérence avec l'épreuve de cartographie au bac.

Il règne à l'heure actuelle une confusion totale sur les familles d'outils cartographiques et les familles d'usage. On confond tout et finalement les pratiques dominantes se résument à faire du commentaire de cartes. On a basculé dans le paradigme de l'image cartographique et on a perdu au passage le principal qui est le traitement de l'information, le sens critique sur l'origine, le choix et le mode de représentation des données (le passage de l'information à la donnée devant être lui-même interrogé, car la construction de la donnée n'a rien de transparent). Ce n'est pas seulement affaire de sémiologie graphique comme le laisserait penser l'épreuve de croquis en grande partie tournée vers la maîtrise du langage cartographique (8). C'est plus globalement et fondamentalement la question de la construction des savoirs géographiques par la carte, du passage de la représentation graphique aux représentations cognitives.

Vouloir un aggiornamento de la discipline, cela passe aussi par une réflexion sur la place des technologies numériques dans la géographie enseignée. Ce n'est pas là vulgaire question de technologies réservée aux technolâtres. N'oublions pas que les techniques cartographiques enseignées à l'école ont déjà une longue historie derrière elle. Elles ont même façonné en grande partie la façon de faire de la géographie à l'école : on apprenait jadis à dessiner le contour des pays en imitant le tracé du maître sur le tableau noir. Au moment où se sont diffusés les moyens de reproduction en série (stencils, photocopies) et les techniques de projection (rétro- et plus tard vidéo-projecteur, voire TNI), le fond de carte à remplir est devenu l'exercice canonique, rendant complètement caduc le dessin des contours. A son tour, le remplissage de la carte (les côtes que l'on colorie en bleu depuis l'école primaire !), a fini par ôter tout intérêt à l'exercice. Le croquis d'interprétation, plutôt spécifiquement réservé au croquis de paysage ou au croquis de morphologie urbaine, était lui-même mis au service de l'apprentissage des symboles cartographiques en vue de préparer au croquis de synthèse. A force de sacraliser le croquis de synthèse, on a fini par en faire un exercice incontournable : comme tous les rituels, on finit par ne plus les interroger ni comprendre leur sens profond. Mais pour l'essentiel on en est resté au niveau de l'exercice d'imitation (la carte de l'enseignant ou celle du manuel).

Tout l'enjeu est de faire construire des cartes par l'élève lui même. C'est dans ce sens que nous envisageons l'intérêt de l'outil informatique pour mettre l'élève au centre des apprentissages cartographiques dans le but d'appréhender le monde à travers ses modes de représentation. Aujourd'hui ne sommes nous pas arrivés à un nouveau tournant de la cartographie avec l'arrivée des outils géonumériques, où l'essentiel n'est pas seulement d'apprendre des localisations (même si cela reste important), mais d'apprendre à construire/déconstruire des cartes, à enseigner en somme une culture numérique de l'information géographique. Aux enseignants, formateurs, inspecteurs... et aux élèves de dire aussi ce qu'ils en pensent.

Sylvain Genevois, MCF didactique de la géographie et TICE, Université de Cergy-Pontoise


Références

1) Réformer la réforme : propositions pour un nouveau programme au lycée, site Aggiornamento : http://aggiornamento.hypotheses.org/1174

2)  Afin de répondre aux inquiétudes des enseignants, une liste limitée de croquis a été définie. Voir par exemple la liste proposée sur le site de l'académie de Bordeaux : http://disciplines.ac-bordeaux.fr/histoire-geo/?id_category=20&id_rubrique=50&id_page=325 . Mais cette liste n'est pas officielle et ne règle pas la question de l'épreuve anticipée en classe de Première S qui distingue également entre croquis et schémas. Depuis l'écriture de cet article en 2013, une liste officielle des thèmes pouvant donner lieu à un croquis au bac a été publiée. Elle s'est encore réduite puisqu'il ne s'agit plus que de 7 thèmes possibles. En revanche la différence entre croquis réalisé à part et schéma accompagnant la composition a été quelque peu explicitée : http://eduscol.education.fr/histoire-geographie/enseigner/ressources-pour-les-evaluations-et-les-examens/baccalaureats-generaux-et-technologiques/les-productions-graphiques-dans-les-sujets-de-geographie-des-baccalaureats-les.html
 
3) Genevois, S. (2011). La cartographie numérique est-elle soluble dans la géographie scolaire ? In Marie, V., Lucas, N. (dir.), La carte dans tous ses états, collection « Enseigner Autrement », édition Le Manuscrit, p. 153-179. Consultable sur Google Book
 
4) "Le dessous des cartes numériques" (émission du 16 janvier 2013 sur France Culture de Sylvain Kahn avec Thierry Joliveau et Jean-Christophe Plantin pour invités)
http://www.franceculture.fr/emission-planete-terre-le-dessous-des-cartes-numeriques-2013-01-16

5) Le Billet de Gilles Fumey dans le Café pédagogique : Appel au peuple dans la presse nationale

6) …Et pour l’histoire-géo. Article de Thomas Goussu dans le journal Libération du 12 décembre 2012 http://www.liberation.fr/societe/2012/12/16/et-pour-l-histoire-geo_868003

7) L’enseignement de la cartographie dans le secondaire. Christophe Clavel, Revue du Comité Français de Cartographie, n°177-178, 2003http://www.lecfc.fr/new/articles/177-article-1.pdf

vendredi 23 novembre 2012


Séance du 28 novembre 2012


 

" La fabrique d’un ouvrage de géographie pour l’école élémentaire : l’exemple de la collection « Géographie à vivre »"
 
Xavier Leroux, Docteur en géographie, Professeur des écoles
 
Discutant : Micheline Roumégous, Docteure en géographie, ex-professeur d'IUFM, associée à l’UMR Géographie-cités, équipe EHGO
 
 
Comment structurer l’apprentissage des savoirs et des savoir-faire chez les élèves du cycle 3 de l’école élémentaire qui font justement leur première rencontre avec la géographie ? Mais, dans le même temps, comment prendre place sur le marché des ouvrages scolaires et donc quels critères privilégier pour se démarquer de l’existant ? L’intervention présente l’expérience de la collection 3 « Géographie à vivre » - Accès Editions, qui s’attache à proposer une solution complète pour les enseignants autour de trois convictions clés. La recherche du document pertinent, celui allant susciter le questionnement chez l’élève, a constitué la première préoccupation dans la construction des séances. Il a également fallu essayer de rendre autant que possible l’élève acteur de la construction de son savoir – en tant qu’être spatialisé à part entière, l’élève peut comprendre différents phénomènes géographiques en prenant appui sur son vécu d’où la nécessité d’y référer par endroits. Enfin, pour chapoter l’ensemble, c’est sur la question de la programmation globale qu’il a été important de bien penser les choses : composer avec les instructions officielles pour travailler davantage selon le niveau de complexité des sujets mais surtout pour insérer une approche multiscalaire faisant généralement défaut.

 

jeudi 18 octobre 2012

Séance du 24 octobre "La mondialisation à l’Ecole : quels enjeux ? Quels changements ?"



La mondialisation 

Christian Grataloup, Professeur des universités, Université 7, UMR Géographie-cités, équipe EHGO
 
Penser mondial, se penser dans le Monde, ce que manifeste l'usage massif du mot "mondialisation" à partir de la fin des années 1970, suppose de ne plus réduire la diversité des sociétés de l'écoumène à des positions sur une flèche unique, le temps du Progrès. Ce basculement spatial, implique la diversité des parcours sociétaux, des types d'héritages, tant en outils de pensée qu'en valeurs. Il en découle une grande incertitude sur les paradigmes scolaires, particulièrement nets en géographie, plus sourd et plus profond peut-être en histoire. Ce sont les finalités sociales même de la discipline qui sont en refondation
 


Les États-Unis, puissance mondiale. Cent ans de savoirs géographiques scolaires.

Marielle Wastable, Docteur et agrégée en géographie, UMR Géographie-cités, équipe EHGO
Depuis 1905, les États-Unis sont l'un des pays incontournables du programme de géographie en classe de terminale. Leur qualité de puissance mondiale leur a longtemps valu une place de choix au sein des savoirs à enseigner de cette dernière année du lycée. Or, les nouveaux programmes de terminale traitent de la mondialisation et l'étude du territoire états-unien s'est effacée devant celle de leur rôle en Amérique et dans le monde. Si la question de la puissance États-Unis à l'échelle du monde reste prégnante, elle n'est pas récente et suscite passions et réactions dans la géographie scolaire depuis le tout début du XXe siècle. Nous reviendrons ainsi sur plus d'un siècle de pratiques et discours scolaires sur les États-Unis en tant que puissance mondiale, ce qui nous permettra d'éclairer les évolutions les plus récentes des savoirs géographiques à enseigner sur ce pays.


 

  • Séminaire "La fabrique de la géographie scolaire" 2012-2013


Institut de géographie - 191 rue Saint Jacques – Paris 5e - métro Luxembourg Salle 109 - 14h à 16h

Coordinateurs :
Caroline Leininger-Frézal, Maître de conférences, Université Paris 7, UMR Géographie-Cités, équipe EHGO
Pascal Clerc, Maître de conférences, Université Claude Bernard Lyon 1 IUFM, UMR Géographie-Cités, équipe EHGO
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