entete
Nous avons créé ce blog dans l'intention de faire connaître les travaux de recherche en didactique de la géographie. Notre objectif est également de participer au renouveau de cette discipline, du point de vue de ses méthodes, de ses contenus et de ses outils. Plus globalement nous espérons que ce site permettra d'alimenter les débats et les réflexions sur l'enseignement de l'histoire-géographie, de l'école à l'université. (voir notre manifeste)
mardi 4 avril 2023
Education et inégalités 15 au 17 mai 2023
Colloque international de didactique de l'histoire, de la géographie et de l'éducation à la citoyenneté, 12 au 14 mars 2024, Nantes
La prochaine édition du colloque international de didactique de l'histoire, de la géographie et de l'éducation à la citoyenneté aura lieu à Nantes du 12 au 14 mars 2024.
L'appel à communication est ouvert jusqu'au 15 juin.
7e congrès de l’AIRDHSS, Cologne, 18 au 20 septembre 2023
Filiations et écoles de pensée dans les communautés de recherche en didactiquede l’histoire, de la géographie et des sciences sociales
Ces objectifs seront atteints en favorisant les échanges scientifiques sur des problématiques organisées selon quatre axes différents :
Axes 1. Cadres institutionnels de la didactique de l’histoire, de la géographie et des sciences sociales : cet axe s’intéresse en particulier à une meilleure compréhension des structures traditionnelles et de l’organisation institutionnelle de l’enseignement, des écoles, de la formation des enseignants, etc. — soit des structures existantes de l’enseignement ou de la recherche didactique ou des perspectives pour l’organisation future de l’enseignement et de la recherche.
Axe 2. Filiations de la recherche en didactique de l’histoire, de la géographie des sciences sociales : cet axe explore et compare les traditions et les écoles dans les communautés scientifiques nationales et internationales.
Axe 3. Réseaux internationaux en didactique de l’histoire, de la géographie et des sciences sociales : cet axe se concentre sur les projets de coopération existants dans la recherche didactique ou l’organisation de l’enseignement (par exemple, la formation des enseignants).
Axe 4. Recherche interdisciplinaire sur la didactique de l’histoire, de la géographie et des sciences sociales : cet axe met l’accent sur les associations de recherche déjà existantes ou en formation, surtout celles
pour lesquelles une coopération peut être établie lors de la conférence.
Axe 5. Présentation de projets de recherche par des chercheurs en début de
carrière
Axe 6. Projets de recherche en cours, indépendants du thème du congrès
Les ressources utilisées pour enseigner la géographie : enjeux et perspectives à l’ère du numérique
Guilhem Labinal, Maître de conférence en géographie, CY Cergy Paris Université (INSPÉ), laboratoire ÉMA
et Sylvain Genevois, Maître de conférence en géographie, Université de La Réunion (INSPÉ), Laboratoire ICARE
Pour recevoir le lien : caroline.leininger-frezal(at)u-paris.fr
Diaporama de l'intervention
samedi 7 janvier 2023
Étudier les inégalités scolaires à La Réunion et à Mayotte. Quelles fractures socio-territoriales au prisme de l'Indice de position sociale (IPS) ?
Sylvain Genevois. Étudier les inégalités scolaires à La Réunion et à Mayotte. Quelles fractures socio-territoriales au prisme de l'Indice de position sociale (IPS) ? Grand Séminaire du laboratoire ICARE, Décembre 2022, Saint-Denis, La Réunion.
En octobre 2022, le Ministère de l'Éducation Nationale a publié en open data les données concernant l'Indice de position sociale (IPS) des écoles et des collèges. Ces données sensibles publiées pour la première fois en open data sur le site Data.education.gouv.fr. l'ont été sous la contrainte d’une décision du tribunal administratif de Paris. Même si beaucoup de données en matière d'éducation sont encore loin d'être accessibles, cela traduit un progrès notable dans le mouvement d'ouverture des données publiques. Bien que l'on ne dispose pas des écarts-types ni des évolutions au sein de chaque établissement, ces données permettent de conduire des analyses socio-territoriales à l'échelle de la France métropolitaine et des Départements et Régions d'Outre-Mer. La présente communication traite plus spécifiquement des données IPS concernant La Réunion et Mayotte, deux territoires ultramarins particulièrement touchés par les inégalités scolaires.
samedi 17 décembre 2022
Conférence en ligne le 31/01/23: L'enseignement de la géographie : le passage du primaire au secondaire
J'animerai une conférence en ligne sur cette thématique de l'enseignement de la géographie dans le cadre du passage du premier au second degré le 31 janvier 2023 à 18H30.
Voir ici les détails de l'évènement sur Facebook et le lien pour s'y inscrire.
Xavier Leroux
mardi 13 décembre 2022
Appel à communications pour le colloque CIST2023
Colloque CIST2023 - Apprendre des territoires / Enseigner les territoires (15-17 novembre 2023) Aubervilliers (France)
L'appel à communications est ouvert jusqu'au 15 janvier 2023 (17 sessions).
« L’homme est un animal sémiologique dont la territorialité est conditionnée par les langages, les systèmes de signe et les codes » Raffestin C., 1987
Le 6e colloque du CIST pose la double question de savoir à la fois comment enseigner les territoires (savoirs académiques, méthodes empiriques, approches disciplinaires, etc.) et comment apprendre des territoires (observer, découvrir, décrire, expérimenter, etc.). Que le territoire soit défini comme un objet théorique de connaissance scientifique que l’on peut enseigner ou comme un corpus de pratiques que l’on peut transmettre, émerge de manière incontournable la question du rapport entre l’universalité apparente du concept de territoire et la diversité des emplois de la notion et des pratiques qui lui sont associées. À la différence du concept d’espace qui a donné naissance à de nombreux modèles théoriques, la notion de territoire met directement en question le rapport des individus, des groupes ou des sociétés à des lieux concrets, impliquant de ce fait un échange entre les acteurs et les territoires concernés.
L’objectif des sessions proposées est de montrer, d’une part, les spécificités des méthodes d’enseignement des sciences territoriales dans les différentes disciplines concernées en examinant notamment leurs variations disciplinaires et internationales. Et d’autre part de montrer comment la recherche en sciences territoriales développe des méthodologies spécifiques de questionnement des lieux et des acteurs en se focalisant sur des périodes de temps banales ou des moments de crise, et en choisissant des terrains ordinaires ou exceptionnels.
Plusieurs sessions concernent plus spécifiquement l'enseignement de la géographie :
- Session A. Géographie scolaire et territoires. Enseigner les territoires dans les écoles primaires / secondaires : enjeux et problèmes
- Session B. Arpenter, observer, expérimenter. Le territoire raconté en marchant
- Session C. Les réserves de biosphère du programme MAB de l’ Unesco : quelles leçons pour les sciences du territoire ?
- Session D. Apprendre des territoires en conflits / Enseigner les territoires en conflits
- Session E. Territoires en décroissance : des laboratoires d’innovation ?
- Session F. Éduquer au Monde, apprendre le Monde : construction et réception des savoirs sur l’espace mondial
- Session G. Savoirs des territoires dans Suds: connaissances ignorances dialogues
- Session H. Savoirs territorialisés par des pratiques bottom-up valorisant les actifs spécifiques locaux. Clusters d’innovation sociale / international
- Session I. La construction des sciences territoriales. Enjeux scientifiques et pédagogiques d’un dialogue Nord-Sud et Sud-Sud
- Session J. Territoires de vie des élèves et apprentissages scolaires dans et hors les murs
- Session M. Éducation au/par le territoire. Cas des parcs naturels régionaux PNR et aires naturelles protégées
- Session N. Géovisualisation des données open data / big data : défis sociaux/techniques/méthodologiques pour comprendre les territoires
- Session O. Questionner les apports de la recherche-action en sciences territoriales et architecture. (Ap)prendre des territoires à propos de l’habiter
- Session P. Territoires et crises : comment les enseignements bifurquent-ils ?
- Session Q. Des « merritoires » en transition : les villes des méditerranées contemporaines
lundi 12 décembre 2022
Compte-rendu de la thèse de Anne-Cécile Ott soutenue le 21 octobre 2022
Venir au monde : Sociogenèse des manières enfantines de (se) représenter l’espace mondial
|
|
Tradition | Modernité |
| Nature | Afrique, Amérique Sud, pôles | Océanie |
| Culture | Asie Sud Est | Europe, Amérique du Nord |
vendredi 2 décembre 2022
Bande dessinée et géographie
Le séminaire s'organisera autour de deux présentations :
D’un langage à l’espace : l’intérêt de la bande dessinée pour le géographe, Julien Champigny, professeur de classes préparatoires au lycée Joliot-Curie de Nanterre.
Ceci
n’est pas propre à la bande dessinée, mais le mode d’expression de cette
dernière, la séquentialité graphique, la rend particulièrement apte à formuler
des espaces. La bande dessinée est ainsi capable de donner l’illusion
d’espaces, qu’ils se réfèrent à un réel précis ou qu’ils consistent en des
compositions imaginaires, plus ou moins plausibles.
L’intérêt pour le géographe est alors double, la bande dessinée peut apparaître comme une autre façon de dire le réel, ou comme un moyen de réflexion sur les composantes nécessaires à la formulation d’un espace. Cette double dimension trouvant bien évidemment sa continuation dans le cadre d’une utilisation pédagogique.
Créer des bandes dessinées pour raisonner, Julie Maurice, doctorante en géographie, Université Paris Cité, EA 4434 LDAR
L’utilisation pédagogique de la
bande dessinée en classe est restreinte et ignore souvent la dimension créative
des élèves. Génératrice d’espace, la bande dessinée est pourtant un outil
propice au développement d’une pensée géographique chez les élèves. Pratique
expérientielle, la création d’une bande dessinée géographique s’accompagne de
la mobilisation des pratiques géographiques des élèves ainsi que de leurs
représentations, qu’ils articulent à la géographie raisonnée.
Une démarche spécifique de création
de bande dessinée visant le développement d’un raisonnement géographique par
les élèves est ici présentée. Destinée à faciliter la compréhension des
situations géographiques étudiées et à s’approprier concepts géographiques et
raisonnement géographique, elle s’articule autour du schéma actanciel et d’une
géographie centrée sur les jeux d’acteurs. Récit géographique, la création
d’une bande dessinée en classe devrait faciliter la compréhension de la
géographicité des différents acteurs tout en enrichissant le rapport au monde
des élèves.
samedi 29 octobre 2022
Chercher ensemble. Approches didactiques
Objects to Learn About and Objects for Learning. Which Teaching Practices for Which Issues?
Bisault Joël, Le Bourgeois Roselyne, Thémines Jean-François, Le Mentec Mickaël, Chauvet-Chanoine Céline, 2022, Objects to Learn About and Objects for Learning 1 et 2. Which Teaching Practices for Which Issues? Londres, ISTE Editions/WILEY, vol. 10 et 11, Education SET Coordinated by Angela Barthes, Anne-Laure Le Guern.
Dans ce second tome, intéressant directement la didactique de la géographie et les apprentissages de l’espace, on trouvera les contributions de :
Xavier Leroux : The Map and the Game: Objects for Learning Geographical Points of Reference in Elementary School
Sylvie Considère, Anne Glaudel, Maud Verherve and Mickaël Glaudel : The Map in the Core School, An Object for Learning
Quentin Chibaudel, Lachezar Dimitrov, Bernard Oriola, Christophe Jouffrais, Katerina Fibigerova and Valérie Tartas : From Tangible Objects to Interactive Maps for Moving Around and Learning an Area – Two Examples with People with Visual Impairments
La description de l'ouvrage et les tables des matières sont accessibles aux liens suivants :
Pour le tome 1 : https://www.iste.co.uk/book.php?id=1844
Pour le tome 2 : https://iste.co.uk/book.php?id=1845
jeudi 27 octobre 2022
Deux CR sur l'enseignement-apprentissage de la géographie dans M@ppemonde (n° 134, octobre 2022)
Jean-François Thémines a fait un compte-rendu en miroir de deux ouvrages récents qui intéressent l'enseignement-apprentissage de la géographie :
Bédouret D. (2019). L’Afrique rurale des manuels scolaires de géographie : sortir de l’exotisme. Toulouse : Presses universitaires du Midi, Collection Ruralités Nord-Sud, 166 p.
Partoune C. (2020). Dehors j’apprends. Liège : Éditions Edi.pro, 254 pages.
D’inspiration et d’intention différentes, les deux ouvrages mettent en avant deux propriétés de la production de savoirs scolaires. Premièrement, dans toute transmission de « contenus » en géographie (notions, démarches, faits, etc.), s’enseigne aussi, fût-ce implicitement, une manière d’entrer en rapport avec les sociétés et les environnements auxquels ces « contenus » réfèrent. Deuxièmement, cette transmission scolaire de connaissances est imprégnée d’imaginaire (Debarbieux, 2003).
A consulter sur le site de Mappemonde.
dimanche 23 octobre 2022
Conférence In situ, avec et par l’expérience. Pédagogies “hors les murs” dans les écoles d’architecture, d’urbanisme
Une conférence de Tim Ingold clôturera le colloque ! Vous trouverez le détail ici :
L’inscription au colloque est obligatoire.
ATTENTION : clôture des inscriptions au 8 novembre 2022
Les inscriptions sont payantes (80 €) pour les personnes ayant un financement de leurs structures (enseignant-es, cher- cheur-es, acteurs-rices opérationnel-les) ; gratuite pour les étudiant-es et les doctorant-es (sous vérification d’un justificatif ).
Lien au formulaire d’inscription et aux informations de paiement : https://forms.gle/LZCZUkBjeVxfi8pW7
jeudi 20 octobre 2022
Didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté. Références pour la pratique et la recherche
Lalaguë-Dulac, S., Doussot, S. et Hertig, P. (dir.) (2022). Didactiques de l’histoire, de la géographie et de l’éducation à la citoyenneté. Références pour la pratique et la recherche. Presses Universitaires de Bordeaux.
lundi 17 octobre 2022
Venir au monde. Sociogenèse des manières enfantines de (se) représenter l’espace mondial (soutenance de thèse d'Anne-Cécile Ott)
Anne-Cécile Ott soutiendra sa thèse le vendredi 21 octobre à 9h30 dans l’Auditorium du Grand Ensemble Documentaire (GED) du Campus Condorcet à Aubervilliers.
La thèse s’intitule Venir au monde. Sociogenèse des manières enfantines de (se) représenter l’espace mondial. Elle a été réalisée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et au sein de l’UMR Géographie-cités, sous la direction de Clarisse Didelon-Loiseau.
Composition du jury :
- Sonia LEHMAN-FRISCH, Professeure, Université Paris Nanterre, UMR LAVUE – Rapporteure
- Wilfried LIGNIER, Chargé de recherche CNRS HDR, EHESS, UMR CESSP – Rapporteur
- Arnaud BRNNETOT, Professeur, Université de Rouen Normandie, UMR IDEES – Examinateur
- Thierry RAMADIER, Directeur de recherche CNRS, UMR SAGE – Examinateur
- Jean-François THÉMINES, Professeur, INSPÉ Caen, UMR ESO – Examinateur
- Clarisse DIDELON-LOISEAU, Professeure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UMR Géographie-cités – Directrice
Résumé de la thèse :
Au croisement de la géographie sociale et culturelle et de la sociologie de l’enfance, cette thèse porte sur la genèse sociale des représentations du monde produites par les enfants. Si les enfants sont des acteurs peu considérés par les géographes francophones, le monde est plus largement ignoré dans les géographies des enfants. En analysant comment de jeunes enfants représentent le monde et pourquoi ils le représentent d’une manière plutôt qu’une autre, ce travail vise à pallier ces deux manques. Il s’appuie sur une enquête de terrain menée dans quatre écoles élémentaires parisiennes aux profils sociaux contrastés, auprès de 248 enfants de différentes classes d’âge. Le protocole pluri-méthodologique s’articule autour de quatre activités : dessin commenté, brainstorming, reconstitution d’un planisphère illustré, entretiens en groupes. Le monde est représenté par les enfants avec une diversité de sens et d’échelles, du local au mondial. Ces représentations révèlent qu’ils produisent des discours (géo)politiques en mettant en relation et hiérarchisant les espaces mais aussi en questionnant des enjeux globaux. Les manières enfantines de faire des mondes sont influencées par l’institution scolaire, ce qui explique des effets de convergence. On observe toutefois des différenciations à âge égal du fait de leur socialisation familiale, par les médias et entre pairs. Les représentations du monde fonctionnent alors comme un laboratoire permettant d’observer la socialisation en train de se faire : la socialisation des enfants au monde et par le monde crée et renforce des rapports de domination structurant le monde social.
jeudi 13 octobre 2022
L'école à l'honneur du prix de thèse du CNFG
Le prix de thèse 2022 du CNFG vient d'être attribué.
Il est à souligner la présence de l'école comme thématique de deux des trois lauréates récompensées:
par l'intermédiaire de la didactique (qui plus est dans le premier degré) pour Elsa Filâtre: Développer la conscience géographique des élèves en enseignant à partir de l’espace proche par l'intermédiaire des territoires scolaires et de la géographie de l'éducation pour Nora Nafaa: Déposséder l’école pour servir la ville néolibérale aux États-Unis : les cas d’Atlanta et de PhiladelphieEt si la troisième docteure propose un sujet différent (Géographie des lieux abandonnés. De l’urbex au tourisme de l’abandon : perspectives croisées à partir de Berlin et Détroit), nous la savons sensible à la question de l'enseignement notamment par son implication dans le cadre de la session "Echec et enseignement" du séminaire "Géographes en déroute" proposé par l'ENS en 2020.Une belle avancée pour la géographie enseignée et le monde de l'école !
dimanche 11 septembre 2022
Ouvrage "Identité, Citoyenneté, Altérité"
Leininger-Frézal Caroline et Souplet Catherine (dir.) (2022). Citoyenneté, identité, altérité. Perspectives nationales et internationales. Londres : ISTE, 250 pages
Considérées ensemble, ces notions de citoyenneté, identité et altérité constituent des questions sensibles dans nos sociétés contemporaines, et l’école est convoquée comme un des protagonistes de leur construction, même si elle n’en est pas l’unique.
Pour étoffer les réflexions autour de ces questions, cet ouvrage rassemble des textes issus de certaines contributions au quatrième colloque de l’AIRDHSS (Association Internationale de Recherches en Didactique de l’Histoire et des Sciences Sociales, http://irahsse.org/)., et des présentations de recherches encore peu diffusées. Il s’agit d’étudier les façons dont citoyenneté, altérité, identité sont envisagées et prises en charge à l’école par l’histoire, la géographie, les sciences sociales et les éducations à, en réinterrogeant curricula et démarches d’enseignement et d’apprentissages. L’intention vise à offrir des pistes de réflexion fécondes aux chercheurs (en didactique, en sciences de l’éducation, ou autre), aux formateurs d’enseignants et aux enseignants, pour penser cette triade citoyenneté-identité-altérité.
Deux entrées transversales sont proposées, déclinant deux formes de citoyenneté.
La première entrée examine ce qui renvoie à la citoyenneté d’adhésion implicitement présente dans nombre de curricula, en développant des analyses de programmes et de manuels scolaire au sein d’organisations politiques différentes.
La seconde entrée interroge des formes peut-être encore émergentes de citoyenneté inclusive, où chacun est mis potentiellement en situation de prendre une place en tant que citoyen, quelle que soit l’échelle de cette citoyenneté.
Un chapitre final clôt l’ouvrage en proposant une synthèse menée à partir d’une analyse lexicale de l’ensemble des contributions.
jeudi 8 septembre 2022
Journée d'étude sur l'enseignement de la géographie à l'université
« Transmettre la discipline : quelles géographies enseignées dans les cours d’introduction et les cours d’épistémologie dans le supérieur ? »
Laura Péaud, maîtresse de conférences en géographie, UGA (ARSH, Pacte)
Camille Vergnaud, maîtresse de conférences en géographie, UGA (INSPE, Pacte)
Présentation :
- La Licence d’une part, considérant que c’est à ce niveau qu’opère un premier travail de familiarisation avec la discipline, notamment dans des cours d’ « Introduction », « Découverte » ou « Fondamentaux », etc. en Licence 1, ou bien dans des cours d’épistémologie générale de Licence. On pourra considérer les cours donnés spécifiquement à des géographes ou au sein d’autres formations intégrant la géographie dans un parcours pluridisciplinaires de sciences humaines et sociales ;
- Le Master d’autre part : étant donné que les Master proposent des entrées thématiques et/ou méthodologiques plus spécialisées, les cours d'épistémologie qui s’y déploient reflètent peut-être d’autant plus des positionnements marqués dans la discipline. Dans ce cadre, le cas des Master MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation) second degré histoire-géographie nous intéresse particulièrement. Les enseignements en géographie y travaillent en effet à fixer les cadres de la discipline dans le double but de 1/ réussir le concours du CAPES, et 2/ enseigner ensuite dans le secondaire les fondamentaux de la géographie scolaire.
Nos questionnements sont les suivants :
géographie ? Comment sont-ils pensés ? Et pour quels publics ? Quelles visions de la discipline portent-ils ? Ce premier versant interroge l’adéquation entre contenus et formations (public étudiant, objectif du cursus, mais aussi ancrage territorial ou socio-histoire de l’institution, contraintes du parcours de formation et de l’organisation collective). De même, nous pourrons interroger les choix opérés par les enseignant.es au regard de leur propre formation, leur socialisation disciplinaire, voire d’autres facteurs entrant dans leur trajectoire personnelle4 (rapport au terrain, situation institutionnelle, etc.).
2/ Quels dispositifs pédagogiques pour quels cours ? Comment donne-t-on à voir et comprendre ce qu’est la discipline ? Ces types de cours donnent-ils lieu à des modalités pédagogiques particulières ? Dans quelle mesure des conceptions ou convictions de l’enseignant.e concernant la géographie transparaissent, volontairement ou non, dans sa manière de donner cours ?
3/ Quelle réception étudiante ? L’enjeu de la réception des cours par les étudiant.es peut être difficile à saisir (quoi mesurer, comment, dans quelles temporalités ?). Nous proposons d’engager la réflexion concernant les retours étudiants, la possible évolution ou adaptation des contenus et modalités d’enseignement selon les publics, ou encore les effets de ces types de cours sur leurs représentations de la géographie.
De façon transversale, nous invitons les participant.es à interroger la dimension politique de ces cours (leur rôle en termes de socialisation disciplinaire, reflets de convictions, jalons des formation) ; l’articulation entre les cours dispensés et l’ancrage en recherche des enseignant.es ; le rôle du contexte institutionnel, en identifiant les lieux dans lesquels ces cours ont lieu (université, Inspé) et les environnements institutionnels locaux.
Programme des 21 & 22 novembre :
Trois conférences seront assurées par :
- Anne-Laure Le Guern, maîtresse de conférences en sciences de l'éducation et de la formation Université Caen Normandie (INSPÉ / CIRNEF)
- Olivier Milhaud, maître de conférences en géographie, Sorbonne Université (UFR de Géographie et aménagement/ Médiations)
- Jean-François Thémines, professeur de géographie, Université Caen Normandie (INSPE / ESO)
Deux ateliers (1/2 journée chacun) sont envisagés, dans lesquels nous invitons les communicant.es à
s’inscrire :
- Le premier atelier portera sur les contenus enseignés et à enseigner : Pour vous, à la fin de votre cours, ou à la fin d’une Licence / d’un Master, quels sont les contenus fondamentaux, voire impératifs, que vous avez souhaité avoir transmis aux étudiant.es ? Que souhaitez-vous qu’ils.elles retiennent et comprennent de ce qu’est la géographie ? Et pourquoi vous l’avez construit comme cela ? Il pourra s’agir ici de présenter des maquettes, des progressions de cours sur un semestre, des contenus de séances, en insistant sur les convictions épistémologiques et les repères disciplinaires transmis. NB : les cours pourront aussi bien être donnés/avoir été donnés en licence/master de géographie que dans des formations dans lesquelles la géographie intervient.
Modalités pratiques :
Les communications pourront prendre la forme d’analyse de retours d’expérience, si possible en s’appuyant sur des supports de cours (syllabus, progression, maquette, support de séance...). Nous accueillons volontiers des formats audiovisuels, visuels (posters) ou autres. Les communications orales dureront 15 à 20 minutes. Nous réservons des temps de travail et d’échanges longs lors de ces deux journées.
Les notes d’intention sont à envoyer à Camille Vergnaud (camille.vergnaud@umrpacte.fr) et Laura
Péaud (laura.peaud@univ-grenoble-alpes.fr) avant le 15 septembre 2022, en suivant les indications de
la fiche proposée ci-dessous.
Une réponse sera donnée aux alentours du 25 septembre 2022.
Le colloque aura lieu les 21 et 22 novembre à Grenoble, sur le site de l’IUGA (Institut d’Urbanisme et
de Géographie Alpine – 14 et 14 bis avenue Marie Reynoard 38 000 Grenoble
Références citées :
1 Voir par exemple : Ciattoni, Annette, et Yvette Veyret. Les fondamentaux de la géographie. Armand Colin, 2018 ; Pascal Clerc, Florence Deprest, Guilhem Labinal, Didier Mendibil, Épistémologie et histoire des savoirs sur l'espace, Armand Colin, 2019.
2 Péaud, L., Vergnaud, C., & Noûs, C. (2022). Enseigner l’épistémologie de la géographie : Regards réflexifs sur nos récits disciplinaires. L’Information géographique, 86, 34-53.
3 Voir par exemple les rencontres de Tours en 2017 (http://citeres.univ-tours.fr/actu/actu399/je_geographie.pdf); le numéro spécial de Carnets de géographes « Pour une réflexion collective sur l’enseignement de la géographie à l’université », coordonné par Jean Gardin, Marie Morelle et Fabrice Ripoll (https://doi-org.sidnomade-2.grenet.fr/10.4000/cdg.1115).
4 Jean-François Thémines, (2006) « Le rapport pratique à l’épistémologie, chez des professeurs-stagiaires du secondaire en géographie », Cybergeo: European Journal of Geography [En ligne], Epistémologie, Histoire de la Géographie, Didactique, document 344. DOI : https://doi-org.sidnomade-2.grenet.fr/10.4000/cybergeo.2490
mercredi 24 août 2022
Compte-rendu de la thèse de géographie de Elsa Filâtre : Développer la conscience géographique des élèves en enseignant à partir de l’espace proche
Compte-rendu de la
thèse de géographie de Elsa Filâtre : Développer la conscience
géographique des élèves en enseignant à partir de l’espace proche, soutenue le
30 septembre 2021, université Toulouse 2
Rejoignant les quelques thèses
consacrées spécifiquement à la géographie et à la professionnalité des enseignants
dans le premier degré (Philippot, 2008 ; Pache, 2012 ; Briand,
2014 ; Charpentier, 2014 ; Glaudel, 2016), cette contribution de Elsa
Filâtre se situe dans le contexte des programmes actuels de 2015 ayant à la
fois suscité de l’espoir (la question de l’habiter est apparue prometteuse car
suivant le renouvellement épistémologique de la discipline enseignée) mais également
des doutes (car les professeurs des écoles restent des non spécialistes qui ont
été bouleversés par cette nouvelle approche et cette façon de découper et
d’agencer les savoirs).
Le projet était de proposer une
ingénierie didactique susceptible d’être transférable en tous milieux, voire
sur d’autres curricula. Par le biais d’une posture de formatrice-chercheuse et
à l’aide de la lecture du prescrit, des pratiques enseignantes et du vécu des
élèves, Elsa Filâtre s’est interrogée sur la tension entre la sécurité chez les
enseignants à proposer des situations « rentables » en termes
d’investissement quoi qu’obsolètes pour être en accord avec leurs valeurs tout
en prenant appui sur la polyvalence du métier de professeur des écoles pour
mobiliser une démarche inductive déjà présentes ailleurs (en science). Le but
est bien de montrer tout le potentiel de la géographie, une discipline pouvant
aider à améliorer leur professionnalité, une discipline qui ne constitue pas un
simple stock de savoirs passifs.
1/ Dans une première partie
théorique, l’auteure revient sur l’histoire de l’enseignement de la
géographie et son individualisation par rapport à l’histoire.
On y voit définis les curricula
prescrit/formel, réel, caché/invisible. Les écarts entre chacun permettent de
lire l’évolution longue de la discipline et les pratiques qui lui sont
associées, le rapport à la science de référence.
Sont convoqués également les cadres
des disciplines scolaires, de la transposition didactique, des pratiques
sociales de référence mais aussi le cadre des quatre pôles de Jean-Pierre Chevalier
(1997) pour montrer les circulations dans ce système. Mémorisation, éveil et
finalement un fort renouvellement des textes jusqu’à l’actuel et complexe
« habiter » de nos sociétés mobiles et polytopiques associant acteurs
et prospective.
Le lecteur peut, à ce stade,
relever cette belle citation (p 43) qui le motive à poursuivre la lecture au
même titre que l’auteure a été motivée à avancer dans sa recherche :
« dépasser le déjà-là, avec des élèves de primaire qui, pour la plupart,
commence à peine à prendre conscience qu’ils pratiquent un espace en s’appuyant
sur un concept dont la polysémie peut-être un véritable frein, est un défi
enthousiasmant mais un défi quand même ».
On bute naturellement sur le flou sémantique quant à la définition de l’«
espace » proche : Est-il espace ? Lieu ? Territoire ? Notamment
lorsqu’il y a proximité avec d’autres disciplines (Milieu ? Environnement ?).
Il convient de faire attention au fait que la « proximité » peut ne
pas être spatiale mais affective…
L’injonction
à travailler avec/par le local n’a pas été continue dans l’histoire des
prescriptions d’autant que, comme le rappelle l’auteure (p 48), les documents
d’accompagnements sont loin d’être systématiquement lus (la formation continue
en géographie ayant disparu depuis l’avènement des plans français et
mathématiques, les enseignants du premier degré ne sont pas guidés pour
s’approprier ces nouvelles approches).
Pourtant,
si l’expérience et la construction d’un futur citoyen sont au cœur des
finalités de la discipline, les possibilités de démarches initiées par le BO ne
sont pas « à la hauteur » (on s’en tient à « localiser », « décrire »…)
et ne semblent pas mobiliser le raisonnement…alors que des travaux de
didactique y invitent de manière cumulative.
On
trouve ensuite des développements sur l’histoire et les modalités de la sortie
scolaire : sortie leçon de choses (1880-1920), sortie démarche active
(1920-1945), sortie classes découvertes (après 1945) si l’on en croit les
recherches de Médéric Briand (2014). La sortie est rare au cycle 3 de nos
jours, peut-être davantage fréquente au cycle 2 en prétextant l’étude du local.
Mais il convient de mesurer si la sortie crée/augmente la motivation et
l’appropriation des connaissances…Il y a là une posture à adapter pour ne pas
juste faire une sortie magistrale transposée dehors.
Diverses
modalités sont justement citées : la classe paysage (Considère et Griselin
1997), les parcours iconographiques (Le Guern et Thémines, 2011), la pratique
artistique et le parcours sensible (Gaujal, 2016), les liens avec l’Education
au Développement Durable (travaux du laboratoire GEODE) mais également d’autres
ressources anglosaxonnes et belges (notamment les travaux de Christine Partoune
sur la pédagogie extramuros). La typologie proposée par le groupe « Pensée
spatiale » montrait également différentes façons de pratique la sortie
scolaire.
Dès lors, comment devenir concepteur de séances/séquences basées sur l’espace proche en mobilisant les savoirs d’expériences des élèves ? Déjà, il convient de traduire les BO et autres documents Eduscol en concepts clés. C’est ce que fait utilement le tableau 2 (p 73) à l’aide des concepts intégrateurs de Philippe Hertig (2004).
Et
même si la pratique de l’espace proche est encore fort dépendante de l’adulte à
cet âge-là (et qu’il faut tenir compte de cette réalité pour structurer son
enseignement du local en géographie), il est également important de noter que,
dans le cas de cette échelle locale, le rapport au savoir peut mettre l’élève
et l’enseignant sur un pied d’égalité voire même mettre l’élève en situation de
meilleure connaissance.
Je
l’avais noté également comme un levier pour susciter la motivation ou la relancer.
Une autre citation (p 101) résume l’objectif de la recherche qui est de « montrer à quelle condition un élève peut construire sa condition d’habitant en classe de géographie en permettant aux enseignants de constituer les conditions de possibilités d’enseigner à partir de l’espace proche pour construire des compétences de spatialité, une conscience géographique et développer pour leurs élèves et pour eux-mêmes un rapport géographique au monde.
2/
La deuxième partie pose le cadre méthodologique.
Une
analyse lexicométrique des programmes est proposée en premier lieu.
L’ingénierie
didactique est convoquée autour d’un appui sur la démarche d’investigation en
science avec l’hypothèse que la polyvalence de ces enseignants du premier degré
les aiderait à faire le transfert vers la géographie.
La
population ciblée concerne des classes de CM1 essentiellement localisées à
Toulouse et dans sa périphérie proche (quelques-unes se trouvent au-delà, en
zone rurale). A l’image de l’ensemble de la profession, les enseignants
interrogés sont à dominante des femmes, titulaires, quadragénaires.
Les
enseignants ont notamment eu à classer des finalités et les contenus potentiels
des sorties, sur leur identité bien sûr et sur la possibilité de poursuivre la
recherche plus avant pour qui était intéressé.
Les
élèves, quant à eux, ont dû dessiner ce qu’il y avait « autour de
l’école ». Pour analyser les productions, Elsa Filâtre a proposé des
listes de « descripteurs » dont certains à l’aspect
« qualitatif » (position, proportion, degré de précision), pouvant
être affinés en catégories (point de vue, situation, échelle, schématisation).
Les
dessins d’élèves ont été complétés par un questionnaire sur la maîtrise de
l’espace proche pour voir si les progrès dans ce domaine étaient corrélés à une
certaine autonomie dans le trajet domicile-école.
3/La
troisième partie expose différents résultats du point de vue de l’enseignant.
Ce
qui ressort nettement concernant la lecture des différentes séries de
programme, c’est que le programme de 2015 présente des similitudes avec celui
de la période 1977-1985 consacré à l’éveil. Les programmes de 2015 font bien
apparaitre les notions de quotidien, lieu, habiter, pratiquer et peu d’entités
géographiques. D’ailleurs, en regardant le graphique 7 (p 194) qui présente la
répartition des concepts par programmes, on note que l’espace, le territoire ou
encore le milieu sont très peu présents à la faveur de l’habiter.
L’étude
du local par le local pose des difficultés didactiques (choix des itinéraires,
des activités associées aux sorties et un assez basique trio administratif,
sécuritaire et météorologique) mais les enseignants plébiscitent cette échelle
en la comparant à d’autres.
Concernant la sociologie des enseignants, on remarque que les plus jeunes dans le métier sont assez enclins à sortir, en tous cas, en saisissent bien les enjeux mais ne sont pas toujours aidés par leur statut (postes fractionnés, remplaçants…). Et malgré certaines réticences chez les plus âgés, ce sont tout de même eux qui en font le plus proportionnellement aux débutants.
Le type de territoire (urbain, périurbain,
rural) ne semble pas jouer sur l’intérêt et la facile à organiser une sortie.
4/ Dans une quatrième partie, ce sont
des résultats du point de vue de la classe qui sont exposés.
La mise en activité des élèves autour du
dessin s’est déroulée sans trop de souci de difficulté ou de motivation. Cela a
été plus complexe pour les questions associées à cet exercice de production
graphique (leur recensement mais surtout leur classement qui a abouti à 5
catégories : localisation, évolution, acteurs, aménagements et divers).
S’en est suivi l’établissement d’une liste
d’outils pour effectuer les recherches permettant de répondre à ces questions.
Si les cartes peinent à entrer dans cette liste, les élèves convergent sur la
nécessité de mener l’enquête.
On note un intérêt et une facilité assez nets
sur l’usage de Geoportail (cette génération d’élèves reste friande du numérique…)
disons dans sa partie « visualisation de plans » mais tout le monde
n’a pas pu réaliser les plans du quartier pour bâtir un itinéraire. L’intérêt
envers le questionnement de professionnels (élus…) est également à souligner mais
long à mettre en œuvre.
La comparaison de deux dessins était une
solution pour éviter de recourir à l’écrit qui demeure une vraie barrière pour
certains. On voit nettement dans les seconds dessins que le point de vue
allocentrique prend le pas sur les vues de face (effet positif du travail
là-dessus), que les élèves intègrent davantage de schématisation, qu’ils
représentent une échelle plus étendue, qu’ils situent plus correctement les
éléments composant leur environnement proche.
Le local est un espace vécu par les élèves
mais pas forcément approprié, en cela son étude est pertinente.
Il est amusant de relever quelques questions
inattendues comme le fait de se demander s’il y a présence de Youtubeurs ou de
joueurs de tel jeu vidéo dans le quartier (pour savoir s’il y a une présence
physique réelle en plus du virtuel). Des questions qui gênent les enseignants
mais qui pourtant ont du sens géographiquement. Ont été relevées également des
questions liées à la peur de certains bâtiments/espaces (hantés, abandonnés…).
5/
La cinquième partie se focalise sur les résultats concernant les élèves.
On
y lit l’analyse détaillée des dessins et des descripteurs : en premier on
trouve l’école, puis les routes, les arbres, les maisons, des éléments de signalisation…du
« fonctionnel » en fait…En catégorisant, l’éducation recouvre 49 % du
corpus, le déplacement est à 23 % et l’habitat à 22 %...presque la totalité sur
ces trois premiers éléments. Et donc le « personnel » et les éléments
habituellement enfantins (jeux, animaux….) n’y sont pas. Et tout ou presque y
est statique (89 %).
Le
nombre de descripteurs augmente légèrement entre CE2 et CM2 de façon logique et
diffère parfois du simple au double selon les écoles sans qu’il y ait ici
d’explication nette.
Les
choses se confirment en regardant ce qui est :
- central sur le
dessin : là encore l’école domine, les rues/routes ensuite,
- en forte proportion (les mêmes éléments sont relevés),
- le niveau de précision : élevé pour l’école toujours puis les maisons, les commerces proches, les équipements sportifs…ici, il y a davantage de dispersion…
L’école est encore davantage rendue centrale
avec la présence du jeu de la séparation, ouverture/fermeture. On note une forte
importance de la sécurité : passages piéton, signalisation…notamment en
zone urbaine. Les pratiques de déplacement des élèves sont encore fortement
marquées par ce discours de construction des règles de sécurité.
Au final, les dessins reflètent assez
fidèlement les territoires vécus par les enfants. L’auteure en arrive à une
typologie en cinq catégories : le photographe, le cartographe, le piéton,
le pisteur et l’explorateur.
Conclusion
Pour
ma part, j’ai particulièrement apprécié ce travail. Il s’agit là d’une belle
thèse, au plan simple et la plume on ne peut plus limpide, sans jargon inutile
avec un bel équilibre entre des résultats du point de vue des enseignants et du
point de vue des élèves. Sur la forme, les figures sont claires et variées.
Parfois on trouve une stratégie de présentation d’un phénomène en deux figures
simples se rencontrant ensuite au sein d’une troisième pour mieux en saisir les
imbrications. Les encarts, pas trop nombreux, avec des extraits d’entretiens
d’élèves ou d’enseignants dynamisent bien le propos. Un vrai plaidoyer pour la
sortie scolaire qui apporte une réelle plus-value dans la structuration de la
spatialité des individus. Également une vraie stratégie pour faire de la
polyvalence une force puisque, comme le dit l’auteure, « l’ingénierie a
fonctionné comme une autorisation à faire des liens entre les matrices
disciplinaires de la polyvalence ». Espérons maintenant que quelques
passeurs pourront s’emparer de ces contenus pour innerver la formation des
professeurs des écoles qui a toujours un besoin criant de contenus et de
méthodes.

